Beauty therapy : quand un coup de pinceau suffit à estomper la mésestime et à rehausser la confiance en soi.


Hier j’ai traîné Maman dans les rues de Paris. Non pas ces jolies ruelles silencieuses et désertes abritées des touristes et des parisiennes pressés qui déambulent frénétiquement sur le pavé sans prêter attention aux pieds qu’ils écrasent, aux épaules qu’ils bousculent.
Je l’ai emmenée sur le boulevard Haussmann. Le dernier week-end avant Noël. En plein après midi.
Also known as « l’enfer sur trottoir ! »…
Noyées dans l’océan de foule qui peine à avancer de deux pas sans reculer de trois, nous parvenons à nous extraire à l’abri de cette marée humaine en pénétrant dans le premier bâtiment du Printemps.
Nous avions pour mission de trouver le parfum Zadig & Voltaire.
Non, non.
Pas le nouveau.
Le Tome 1.
La Pureté.
Je sais bien que l’autre est partout, chez SEPHORA, chez Marionnaud France, au LE BHV MARAIS… mais moi je veux le premier. Je trouve que celui qui vient de sortir est trop mielleux, sucré. Pas assez envoûtant.
Le jeune homme du magasin du boulevard Saint-Germain auquel je me rends tous les jeudis avant d’aller chez ma psy (Oui, parfaitement, Ca fait partie de la thérapie que de faire du lèche-vitrine et de saliver devant les sacs en cuir et les pulls en cachemire !) m’avait promis que je le trouverais au Printemps.
D’où cette course folle que nous n’aurions jamais faite si je n’avais pas la certitude (parole du vendeur canonissime, BG intersideral de la boutique) de l’y trouver. Voilà donc le pourquoi du comment nous avons eu la lumineuse idée de faire comme 80% des parisiens qui n’ont pas eu le temps avant de s’occuper des cadeaux de Noël.
Ca devrait d’ailleurs faire partie de mes bonnes résolutions pour 2017 que de m’engager à avoir bouclé cette tâche avant le 15 décembre. Grand maximum. Mais dans le fond je crois que j’aime cela. Attendre le dernier moment. Courir les magasins pour dénicher THE cadeau idéal. Ça doit être mon côté sado-maso !
Parce que croyez moi, il faut vraiment être sévèrement dérangée pour se dire « Et si on allait à Saint-Lazare ? » Déjà qu’un samedi de n’importe quel mois de l’année c’est une folie, mais le dernier samedi avant Noël… alors là… c’est la démence incarnée !
Bon, donc je disais, me voilà dans le Printemps (ah oui, je vous ai épargné l’épreuve du trajet en métro sur la ligne 13. Vous la voulez l’histoire ? Non, croyez moi, vous ne la voulez pas. Bon ok, en deux mots : odeur nauséabonde de transpiration, pieds écrabouillés et chaleur étouffante. Oh et j’allais oublier ce charmant jeune homme qui a embaumé le wagon avec son sac en Kraft de chez KFC qu’il tenait contre sa poitrine. Juste sous mon nez. Je n’ai rien contre le délicieux Fried Chicken mais à 15h… comment dire. Ceci dit, il vaut mieux une odeur de nuggets grillés sous le nez que l’odeur nauséabonde de sueur d’un grand monsieur qui passe son bras par dessus ma tête pour se cramponner à la barre métallique.)
Je me retourne, essoufflée et trempée de la tête au pied comme après avoir couru un marathon alors que le froid, dehors, me glaçait les neurones. Je cherche maman du regard en espérant qu’elle aurait vu que je m’étais faufilée dans le grand magasin, et qu’elle aurait elle aussi réussi à se dégager du flot de passants agglutinés.
Ouf.
Elle était là. Elle m’a souri, elle reprenait son souffle, les deux mains appuyées sur ses genoux, le front baissé vers le sol lustré du Printemps.
Le magasin était étrangement désert. À tel point que les deux vigiles à l’entrée n’ont même pas contrôlé nos sacs qu’on leur a tendu grands ouverts après avoir également déboutonné nos manteaux pour leur montrer la bombe que l’on ne cachait pas sous nos cinquante-douze couches de vestes/pulls/t-shirts/maillots de corps/débardeurs. Chouette.
On va enfin pouvoir respirer l’air frais et marcher librement.
Tout à fait logique sachant que l’on venait de s’enfermer à l’intérieur.
C’est tout juste si je n’avais pas les jambes tétanisées après être restée statique si longtemps.

Et merde ! On s’est trompées.
« Mam ? Je crois qu’il va falloir y retourner… »
Il y a des fois comme ça j’aimerais être un homme.
Comme quand j’ai une soudaine envie d’aller faire pipi et que la queue pour les femmes commence à la sortie des toilettes. Existe-t-il une étude scientifique qui aurait explicitement démontré que les femmes ont une plus petite vessie que les hommes ? Moi, je ne comprends pas le temps que certaines passent aux toilettes. C’est vrai quoi, moi ca me prend quoi, vingt-sept secondes à tout casser de faire pipi. Alors je veux bien, des fois il y a des urgences qui prennent plus de temps mais bon sang, on les a pas toutes en même temps au même endroit, au même moment ! Et puis, c’est la faute des architectes aussi, ils ne pourraient pas faire de plus grandes toilettes pour les femmes ? Ils savent bien que petite vessie ou emergency, les femmes passent quoi qu’il arrive le double du temps des hommes dans les toilettes.
Bon, je m’occuperai plus tard de cette problématique à laquelle il faudra nécessairement remédier.
« Are you ready ? Go ! » Ai-je dit à maman en lui agrippant fermement la main et en poussant la porte vitrée du Printemps.
De l’homme.
Évidemment.
Et nous voilà à nouveau plongées dans la marée humaine qui n’avait pas désempli. Il me semble d’ailleurs qu’elle s’était densifiée entre le moment où l’on s’en était extirpé et l’instant où nous venions de nous y renoyer. Mais on etait déterminées.
Objectif : le printemps mode – beauté femme.
Mission : Zadig & Voltaire – Tome 1.
Sinon rien.
Je vous épargne là encore les doigts de pieds ratatinés, les cheveux accrochés aux manteaux et les coups de sacs dans les mollets.
Après un bon quart d’heure pour atteindre le second bâtiment du Printemps qui est séparé du premier par un passage piéton (oui, Ca s’appelle la traversée allure escargot unijambiste en déambulateur, tu connais ? Tu devrais essayer c’est super fun quand t’as rien à faire.) nous voilà finalement dans le bon magasin.
Bruit, monde, migraine instantanée provoquée par l’odeur capiteuse des parfums entremêlés, cette fois-ci nous y sommes bien, aucun doute !
Reste maintenant à trouver mon préciiiiiieux !
Ca ne devrait pas être bien difficile.
« Kenzo, Yves Saint Laurent, tiens les Z ça doit être par là. Ah non ! Merde on est aux parfums hommes. Non mais sérieusement ils pouvaient pas mettre les parfums masculins au Printemps Homme ? » Je me retourne en quête de l’approbation de maman mais elle avait déserté. Je parlais toute seule.
Si trouver le parfum commençait à devenir compliqué, retrouver maman dans le Printemps etait carrément de l’ordre de l’impossible !
Je lève le nez, les yeux, me mets sur la pointe des pieds (chose parfaitement inutile qui ne me rehausse que d’un demi millimètre). Je repense aux dizaines de fois où maman me disait quand on allait chez Carrouf « si tu me perds, tu vas chercher les dates du magasin et tu leur dit que tu as perdu ta maman d’accord ? » En me faisant répéter trois fois son numéro de téléphone pour être sûre que je puisse le leur donner. « La petite Alexia de dix-neuf ans a perdu sa maman, si sa maman La cherche elle peut venir La récupérer à l’accueil du Printemps. »
Ouais bon, on va lui envoyer un texto hein ! Évidemment maman s’était « perdue » au rayon maquillage.
Sur le stand de notre marque préférée. By Terry.
J’aurais pu m’en douter.

Je vous raconterais bien la suite de l’histoire mais la vérité c’est que je suis encore dans mon lit et qu’il faudrait que je songe à me lever parce que ( ! ATTENTION SPOILER !) je n’ai pas trouvé mon parfum (ah bin c’était bien la peine tiens !) et surtout mon estomac crie famine !
Je vous laisse une photo à vous mettre sous la dent en attendant que je vous raconte la fin de nos péripéties parisiennes…
Ca vous donne un indice de la suite de l’aventure…
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