Pantin ou affranchi ?


Ce n’est pas d’ambition dont la Génération Y manque. C’est de moyens d’action.

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Nous ne voulons plus du schéma traditionnel hérité des générations précédentes études-métro-boulot-dodo-burn/bore/brown out-chômage-dépression-reconversion.
Nos études ne nous plaisent pas.
Pourquoi ?
Parce que l’on est découragé. Parce que l’on sait que ces dizaines d’heures d’amphi blindés, ces semaines interminables à ingurgiter des connaissances théoriques et ces partiels qui visent à évaluer notre capacité à recracher les cours que l’on a avalés, sont inutiles. Inutiles parce que ni notre investissement ni la formation que nous suivons ne nous permettra d’accéder au métier dont nous rêvons. Celui dans lequel nous nous épanouirons. Celui dans lequel on aura la possibilité d’être force de proposition. Celui qui nous donnera la possibilité de concrétiser nos plans d’action. De passer de l’idée à la réalisation.
Pourquoi ?
Déjà parce que nous nous jetons dans un cursus sans en connaitre les débouchés (merci les conseillers d’orientation au lycée) mais surtout parce que l’école, telle qu’elle est conçue aujourd’hui, nous conduit inexorablement dans le trou de souris d’une entreprise, si toutefois nous parvenons à en dénicher une qui après supplication acceptera de nous embaucher pour une durée supérieure aux 18 mois fatals d’un CDI après lesquels les moins de 30 ans sont virés.
Le mot de boîte pour désigner ces usines actuelles porte bien son nom. Nous refusons le couvercle qui nous enferme dans ce schéma de vie que l’on rejette. On ne demande qu’à le soulever pour s’en échapper parce qu’on sait trop combien en y entrant, soit on y restera enfermés, condamnés à périr comme dans une caverne miteuse, malheureux parce qu’inconsidérés jusqu’à ce que notre santé finisse par nous lâcher. Soit on en sera mis dehors à coup de pieds après avoir pris conscience trop tard qu’il était inutile de faire des années d’études pour satisfaire le bon vouloir de la société, pour rentrer dans des cases, et avoir de quoi rassurer l’employé à qui l’on présentera notre C.V.
Bac -4 ou bac+12, nous sommes tous en proie à la même précarité. Nous sommes tous exposés aux mêmes difficultés. Nous allons tous perdre notre temps, notre énergie, notre envie et notre santé à essayer de gagner le SMIC dont il faudrait déjà être satisfait et pouvoir se contenter.

Equation déséquilibrée. Surinvestissement pour une échec programmé.
Alors on fait quoi ? On continue d’aller sagement à notre perte sur les bancs de l’école qui, si elle n’est pas le lieu de la discipline, nous bombarde de connaissances théoriques parfaitement inapplicables en dehors du contexte scolaire ? On continue d’avancer sur le chemin de l’effritement de notre futur qui feint de péricliter s’il ne s’est pas déjà effondré ?

Faire bouger les lignes, déboulonner les conceptions archaïques de ce que doit être notre société, bourgeonner d’idées pour être entrepreneurs du changement, nous en avons, pour une large partie, la volonté.
Mais comment remettre en question la normalité telle qu’elle est instituée, enseignée, et diffusée alors que nous savons pertinemment (merci les parents, amis de parents et amis d’amis de parents qui reprennent leurs études à 40 ans, qui changent de métier à 50 et que l’on entend à longueur de journée dire que non seulement s’ils avaient su, ils ne se seraient jamais conformé au bon vouloir des injonctions de la société, mais surtout qu’arrivés à la moitié de leur vie, ils n’ont toujours pas trouvé dans quel milieu ils s’épanouiraient) que ces normes, bien que rassurantes, sont complètement périmées et dégoulinantes de conceptions moisies jusqu’à l’os ?
Il serait grand temps de mettre à jour ces idées toutes faites que l’on calque dans nos têtes bêtement en nous laissant croire que l’on a le choix alors qu’en réalité les seules possibilités que nous avons sont de nous satisfaire de la misère qui nous attend.

Il suffit de constater le nombre de livres de développement personnel qui inondent les rayons de la Fnac. Il suffit de regarder autour de soi le nombre de personnes qui avouent ne pas se sentir à leur place au travail. Travail pour lequel ils se lèvent chaque jour de la semaine. Travail auquel ils se rendent et s’infligent le supplice des migrations pendulaires et des transports en métro ou en RER. Travail qu’il FAUT faire. Parce qu’il faut nourrir les enfants. Payer l’électricité. Les factures. Rembourser la voiture. Mais quand est-ce que le travail ne sera plus considéré comme l’instrument de torture, symbole de tourments, de souffrances, qu’il était auparavant ?
Quand est-ce que le mot même de travail sera débarrassée du synonyme de supplice qui lui est aujourd’hui associé ?
Et si on commençait déjà par réconcilier le travail, l’apprentissage et l’éducation à la notion de plaisir et d’agréable ?


2 réflexions sur “Pantin ou affranchi ?

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