Moelleuse puissance de l’Afrique sanglante – Petit Pays, Gaël FAYE


Mon professeur de littérature m’a proposé de participer au jury Télérama pour élire le Prix du roman. J’ai choisi de faire la critique du livre de Gaël Faye que je partage avec vous aujourd’hui en espérant que ces quelques lignes vous donneront envie de vous plonger prochainement dans son Petit Pays

Capture d’écran 2016-10-10 à 18.33.50.png

« Moelleuse et puissante.

Mélodieuse et poignante.

L’écriture de Gaël Faye, chanteur, compositeur et désormais auteur, ne vous laissera pas indifférente.

Mais comment l’être face à l’histoire de son Petit Pays qu’il nous livre dans ce premier ouvrage aussi passionnant que l’horreur de cette guerre qui éventre le Rwanda est répugnante ?

Cette histoire, la sienne, celle avec laquelle il est né. Celle qui lui a été imposée alors qu’il n’était qu’un enfant qui a dû abandonner son insouciance pour choisir un camp. Hutu. Tutsi. Ne te trompe pas. On ne t’épargnera pas.

Comme Gaby j’ai voulu fermer les yeux et repousser la guerre, les crimes, la mort en ne lisant pas les lignes dont le sang coule sur mes mains depuis le Rwanda.

Comme Gaby j’ai voulu me boucher les oreilles en lisant le bruit assourdissant des coups de revolver, des grenades, des bombes qui tombent.

Mais pourtant c’était là.

La guerre, les meurtres, les combats. Il avait douze ans, il n’a pas eu d’autre choix que celui de côtoyer la violence, les cadavres, l’effroi.

Et nous, lecteur désemparé et horrifié par cette sanglante réalité, on ne peut pas abandonner ce petit garçon perdu dans son Afrique meurtrie.

Alors on reste près de lui, on admire son courage, on tourne les pages.

Curiosité et dégoût s’entremêlent entre deux bouffées d’espoir pour le récit de ce petit soldat qui, aujourd’hui survivant, s’est cramponné à la vie pour s’extirper du désespoir. »

Florilège de citations…

« L’enfance m’a laissé des marques dont je ne sais que faire »
« Je viens de si loin que je suis encore étonné d’être là »
« Gaby c’est mon nom. Un jour j’ai demandé à ceux que j’aime de m’appeler Gaby au lieu de Gabriel, c’était pour choisir à la place de ceux qui avaient choisi à ma place. »
« Nous vivons sur le lieu de la tragédie. L’Afrique a la forme d’un revolver. »
« La paix n’est qu’un court intervalle entre deux guerres. »
« Il faisait comme il pouvait dans un monde qui ne lui laissait pas le choix. »
« Le bonheur ne se voit que dans le rétroviseur. »

Petit Pays, par Gaël Faye aux Editions Grasset 


Un mot de soutien ? Une parole reconfortante ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s