Ne pas avoir honte de l’écrire.


Aujourd’hui j’ai vu un médecin.
Il n’avait pas de blouse blanche. C’est tout juste s’il y avait une balance.
Ce n’était ni un psy-cho/cha-naliste/logue/iatre ni un thérapeute qui a essayé de m’enfermer dans une petite boite.
Nous n’avons pas abordé l’anorexie. Nous n’avons pas parlé de poids, de trouble du comportement alimentaire, d’indice de masse corporelle.
Mais nous avons parlé de mon corps. Je lui ai parlé de mon corps.
Pas celui que je maltraite depuis six ans en mangeant mal. En jeûnant. En me privant. Me restreignant.
Pas celui à travers lequel j’exprime ce que je n’ai pas réussi à verbaliser.
Non.
Nous avons parlé de mon corps qui a été agressé.
Je n’arrive pas à le dire oralement alors peut-être que je vais enfin réussir à le pianoter sur ce clavier qui me permet de crier tout haut ce que je tait depuis trop d’années.

J’ai subi une agression sexuelle.

Je ne sais pas quoi faire de ce mal qui me hante depuis que j’admets son existence. Depuis que je ne refoule plus sa gravité, son importance.
Je voudrais me réveiller de ce cauchemar mais rien n’y fait. Chaque matin depuis une semaine je vais un peu moins bien et j’ai un peu plus mal. Parce que je dois rester encore plus fort. Contre les images qui reviennent. Contre les séquelles qui m’assomment.
Je ne me sens plus en sécurité dans ma propre vie. Je me sens dépossédée de mon existence par cette bombe à retardement qui a implosé dans ma chair.
Je ne sais pas quels sont les bons mots. Parce que ceux que je voudrais employer pour décrire cette terrifiante réalité me traumatisent tant ils me font éprouver du dégout.

J’ai envie de m’excuser. De demander pardon.
Mais je sais que je dois tenir bon. Encore une fois.
Que je ne peux pas abandonner. Pas cette fois.


Une réflexion sur “Ne pas avoir honte de l’écrire.

  1. Coucou Alexia, je sais que on a tous nos expériences, nos sac à dos, mais tu as raison, le droit et se libéré par l’écriture, j’ai longtemps écrits et vite détruits mes écrits de peur qu’ils ne soient lu caché au fond de mes tiroirs (même par magie)…J’ai subis des violences et abus de 6 a 12 ans….j’ai si longtemps pensé que mon corps était sale je me sentais emprisonné dans cette prison crading, il fallait la nettoyer, que tout soit propre, pure. Comment nourrir un corps qui n’arrive pas à digérer un traumatisme….J’ai mis si longtemps à comprendre que mon corps n’était pas mon ennemie, et que en lui faisant du mal, la seule victime c’était ce corps…et moi. Mon corps est mon allié, pas mon ennemie, il me faut lui apporter assez de forces pour lutter en forces contre toutes ces attaques (j’inclus ici ma maladie et mon handicap), mais aussi ces demons de l’enfance, ces images, ces sensations qui font de moi une post traumatique bloqué dans le temps. C’est duuuuur, tellement dur se se convaincre que priver son corps ne n’est pas le protéger, c’est du petit pas au petit pas, et des pas en arrière aussi. Chaque c’est se réveiller le matin et ne pas faire marche arrière, ne pas écouter cette petite voie qui me fais douter….Tu es un personne qui rayonne, tu mérites de vivre et d’etre libérée de tout ce qu te fait souffrir ❤

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