Jour deux – le souffle de la vie pour éteindre les bougies.


Euphorie nocturne. Frénésie matinale. Un seul jour égaré au beau milieu des trois-cent soixante-cinq autres que compte une année. Vingt-quatre heures noyées dans le brassage des grains de poussières qui s’écoulent du sablier d’une vie. Un petit pois au marqueur rouge sur un calendrier. Que le temps passe vite quand il est attendu. Que les minutes défilent rapidement quand s’ouvrent les volets d’un jour nouveau que l’on espère si impatiemment parce que l’on sait que de la même manière que certains peuvent nous sembler éternellement longs et désespérément interminables, il y en a d’autres que l’on voudrait confier à un accordéoniste pour que le pianotement de ses doigts sur les touches de son instrument l’étire, l’allonge, l’agrandisse de toute l’amplitude, de toute la largeur de ses deux bras. Quand il n’est pas là il faut sagement l’attendre. Et c’est au moment où il s’en est allé que l’on regrette déjà de n’en avoir pas autant profité qu’on l’aurait souhaité. C’est le propre du temps et particulièrement quand on trépigne d’impatience pour qu’il advienne que de s’abattre comme un foudroiement qui irradie les branches craquelées d’un arbre dévêtu de son feuillage moelleux et printanier : aveuglant, bref et surprenant. Mais il faut avoir la sagesse d’accepter que le temps, contre notre volonté de toutes ses ailes déployée, ne peut être figé, glacé, cristallisé. Le balais rythmique et rigide est minutieusement chorégraphie, soigneusement chronométré. Il défile inexorablement : Le spectacle, l’avez vous aimé ? Oh oui, assurément, nous nous sommes régalé, un peu court peut-être ! Bon très bien messieurs, dames alors maintenant, passez, circulez, faites de la place pour l’entrée en scène d’une nouvelle journée !

Mais finalement, si l’on part du postulat que les jours les plus douloureusement longs sont ceux dont chaque instant qui le compose est subi, alors il faudrait, pour profiter véritablement d’une journée, de celle qui devrait être la plus belle et radieuse de l’année, celle où l’on célèbre ce fameux jour où la vie nous à été donnée, accumuler des poignées de fragments d’instants merveilleux. Le genre de précieux moments dont on connait exactement la délicieuse saveur qui aura le pouvoir de nous rappeler que cette vie est un cadeau unique qu’il faut chérir, aimer et préserver. Il faudrait, pour être heureux et honorer notre présence sur terre, en prendre soin durant toute l’année autant que pendant ces précieuses et rares vingt-quatre heures. Et surtout, pour ne pas regretter la frustration générée par sa fugacité, penser à profiter de la vie à tout instant de l’année, et pas seulement durant les mille quatre cent quarante minutes qui composent cette minusculement brève mais exceptionnelle journée. Chaque jour est une fête, certes, sans bougies à souffler, sans paillettes à saupoudrer sur le bout du nez, sans confettis à jeter à la volée dans les cheveux de l’être célébré, mais faut-il vraiment un anniversaire pour se délecter d’une bouchée de plaisirs sucrés ? De rires autour d’une table joliment dressée ?De tendresse à profusion avec des personnes démesurément aimées ? Et qui nous retient, tous les jours de l’année, d’être attentif à notre bonheur, de persévérer à y contribuer en s’offrant de douces attentions simples mais qui nous maintiennent dans un chaleureux duvet de bienveillance inlassablement nécessaire et divinement confortable ? Moi je ne veux jamais plus sentir que mon existence est un boulet à me trimbaler sur les épaules car mon cabas de Mary Poppins est déjà surchargé et il n’y a plus le moindre soupçon de recoin de place pour y fourrer une quelconque brindille de l’éventuel poids que ma vie pourrait représenter. 

C’est le souffle de la vie qui me fait virevolter et m’aide à pianoter sur mon clavier de si jolies envolées lyriques à l’image de la douceur de cette journée que j’ai divinement apprécié sans être obsédée par le temps qui malgré moi s’échappait. Je l’aime ce temps qui passe. Car depuis quelques semaines je fais en sorte que chaque minute qui s’écoule participe de la satisfaction générale, complète et intégrale de mon accomplissement, de cette béatitude que je vise comme l’aboutissement de ma guérison. 

Un jour nouveau se lèvera demain. Ce ne sera plus mon anniversaire. Pas le jour officiel à tout le moins. Mais dans ma tete, je m’appliquerai à prendre soin de moi autant que ma maman l’a fait lorsqu’il y a dix-neuf ans elle m’a mise au monde. Avec autant de douceur et de bienveillance que si je devais m’aider, m’élever et m’enseigner à savourer chaque bouchée de la vie, moi petit nourrisson égaré mais émerveillé par la découverte passionnante et la quête envoûtante de mon identité.


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