Digital Detox is needed


Frénésie permanente. Frustration incessante. Je cherche toujours de nouvelles choses à apprendre, de nouvelles connaissances à ingérer mais je ne profite de rien, tout me glisse dessus car je ne prends pas le temps de l’apprécier et de m’en imprégner pour ma seule et simple satisfaction. Toujours il faut partager, relayer, informer. Face à l’immense horizon de connaissance qui s’offre à moi et que je découvre chaque jour un peu plus grand, étendu si ce n’est infini au fil de mes recherches, au fil de mes rencontres, je me sens ridiculement petite et démunie. Je voudrais avaler ce ciel éternellement gigantesque, l’engloutir, et dévorer aussi tous les nuages, les oiseaux et les avions qui pourraient s’y trouver. Rien ne rassasie cet avide et gargantuesque appétit d’apprendre, de découvrir, de comprendre le monde qui m’entoure et les richesses qu’il recèle. Mais pourtant, tout ce dont je m’abreuve ne me nourrit pas et me condamne à une famine permanente, une faim sans fin. Ca n’en finit plus de gargouiller, de réclamer, d’hurler.
Je dois partager, montrer, photographier, écrire, me souvenir et transmettre. Pour les autres. Toujours pour les autres. Jamais pour moi. Rien pour moi. Pour être reconnue. Admirée. Congratulée. Quel beau spectacle. Que d’applaudissements dans la salle. Comme les spectateurs sont charmés. Ils en reveulent. Alors je continue ma quête frénétique. Parce que je me nourris de cette admiration et me m’approprie dans l’espoir de m’aimer un peu plus. De me détester un peu moins. De faire augmenter d’un degré le peu d’estime que j’ai de moi. Mais une fois encore je me trompe. Je cherche mon amour-propre dans le reflet que les autres me renvoient. J’aimerais qu’ils soient mes générateurs de bonheur. Mes approvisionneurs. Et je persiste à croire qu’en leur donnant, qu’en Etant dévouée à eux en leur transmettant ce que j’apprends, ils continueront de m’aimer un peu et de m’offrir cette confiance que, seule, je suis incapable de m’octroyer.

Je ne veux plus gâcher mon temps, perdre ma vie, à espérer que d’autres m’aiment à la hauteur de ce que je suis.

Tonight I want to give up with this digital world.
I want to look up around me and see the beauty of life.


Une réflexion sur “Digital Detox is needed

  1. C’est un autre front que tu ouvres ici dans ton combat contre l’anorexie. Il est sans doute majeur.
    Alexia, je veux te dire que j’apprécie ta prise de conscience à sa juste mesure, car moi aussi, un temps dans ma vie, je me suis retrouvé derrière le miroir de mon écran en bloguant parfois jusqu’au bout de la nuit. Et puis un jour, faute d’avoir entendu les signaux de mon entourage, c’est mon corps qui m’a adressé le signal le plus fort (je ne développerai pas ici).
    Raconter sa vie n’est pas la vivre.
    D’emblée, une contingence matérielle s’impose à l’esprit : les journées n’ont toujours que 24 heures pendant lesquelles, il faut travailler raisonnablement, sérieusement mais sans se prendre trop au sérieux, se nourrir soi-même en pleine conscience, se reposer aussi, prendre du temps pour soi, pour les autres, s’aimer, aimer, et même, Alexia, luxe suprême de nos jours, parvenir à se mettre « en vacance » (singulier) et ainsi prendre le temps de voir passer le temps sans être dérangé.
    Vu de l’extérieur, pardon, mais ce qui me semble te manquer le plus dans le tableau, c’est finalement le cadre.
    C’est à toi de le poser, mais d’autres que toi peuvent éventuellement t’y aider. Question de feeling (flûte un anglicisme !) question de tempo, de circonstances, d’environnement propice.
    Mais attention, entends-moi bien. C’est précisément, parce que le virtuel ne s’oppose pas au réel (confusion fréquente), mais à l’actuel, qu’il peut être tout autant, si nous n’y prenons garde, une immense chance qu’un redoutable abîme.
    Pour la majorité de nos contemporains, il n’est que le théâtre des ombres chinoises. Pour eux, c’est sans doute préférable.
    Nous savons bien toi et moi, ta maman aussi, qu’il n’en est rien et toutes les émotions qu’il peut générer, tous les sentiments qu’il peut inspirer. C’est un outil magnifique, mais qui n’a pas vocation à produire un clone ni à devenir un maître. Mais le risque est là, bien réel.

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