Cui-cui.


Les oiseaux chantaient ce matin sur le bord de ma fenêtre. J’espérais que leur douce mélodie soit accompagné de quelques rayons de soleil mais quand j’ai ouvert les volets de ma chambre après m’être décidée à me lever en traînant des pieds j’ai découvert à mon grand regret que le ciel était aussi nuageux et gris que la brume visqueuse qui empourprait mon esprit. Coeur chagrin ce matin. Barbouillé. Compressé. Lacéré. Tu me manques maman. Tu es partie depuis d’interminables heures. Une journée tout entière depuis ce matin dix heures. Je suis éprouvée et fatiguée comme si moi aussi j’avais voyagé pendant vingt-quatre heures. Je me sens jet-larguée. Complètement paumée. Et pourtant je n’ai même pas bougé de la maison. J’ai somnolé entre mon lit et le tien. Mais mes yeux sont bouffis et mon corps tout crispé. J’ai l’impression d’être une vieille mamie âgée de quatre vingt trente-six ans (admire ce triple pléonasme !) toute rouillée des articulations. Cela ne m’aurait pas franchement étonné si des cheveux blancs et quelques rides (tu sais genre les griffes du Lyon qu’on a des fois entre le nez quand on a trop froncé les sourcils) étaient miraculeusement apparus cette nuit. Et pourtant j’aurais adoré me réveiller en pleine forme. Prête à attaquer une super journée. À profiter de ce quatorze juillet pour aller me promener dans Paris. Sourire de toutes mes dents (mon dentier de mémé en l’occurrence !). Boire un thé dans un joli salon comme ceux dans lesquels on allait toi et moi. Bouquiner quelques pages. T’écrire une poignée de mots. En somme, profiter de la vie. Comme tu me l’as demandé. Comme je te l’ai promis. Mais là mon corps n’a pas le moindre carburant dans sa tuyauterie. Les angoisses ont bouché toutes les canalisations. J’ai pris les petites pièces dans la tirelire pour aller chez l’épicier en bas de la maison voir s’il y avait du Destop Canalisations Express mais je n’en ai pas trouvé. Je n’ai rien pu avaler. Le bouchon est tout en haut de la gorge. Et la boule de stress juste en dessous du plexus. Rien ne passe. Alors je suis retournée me coucher. J’ai fermé les rideaux à ce ciel gris et ces nuages dans lesquels je devinais des vilains bonshommes qui me faisaient des grimaces et qui tiraient la langue pour me narguer. Je me suis cachée sous la couette, recroquevillée, en espérant que les jolis rêves se substitueraient au cauchemar que constituait ce début de journée. 

Voilà que j’émerge d’une sieste de deux heures et demie. Tu n’es toujours pas arrivée. Je t’imagine encore un peu plus éreintée. Mais moi j’ai récupéré suffisamment de force, de sommeil et d’énergie pour reprendre ta main que j’avais lâchée. Le soleil s’est même levé avec mon esprit qui s’est lui aussi allégé. Je vais pouvoir finalement aller gambader dans Paris comme je l’espérais en pensant à toi qui bientôt va poser les pieds sur la terre ferme.

Je peux le faire.
Tu peux le faire.


2 réflexions sur “Cui-cui.

  1. tu sais ce que je te dis toujours : Derrière les nuages il y a le soleil mais il lui faut du temps pour arriver et si tes volets ( intérieurs) sont fermés il aura plus de mal à passer. Alors en ce 14 juillet ouvre grand tes volets …. bonne journée ma belle et bravo pour ton bac je ne t’avais pas félicité … Profites et continue d’avancer, je pense à toi et je suis si fière. Doux baisers ma belle

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