Elle m’a dit… Paris-Bali. 


Elle est partie ce matin. Un peu plus loin que les autres fois. Un peu plus longtemps que autres fois je crois. Elle s’envole vers un endroit lointain qu’elle ne connait pas. Elle ne sait pas encore ce qu’elle y trouvera. Elle ne sait pas encore qui elle y rencontrera. Mais elle n’a pas peur. Mais elle n’a plus peur. L’inconnu ne l’effraie plus. Elle ne fuit pas sa vie. Elle ne s’en extirpe pas pour échapper à une réalité qu’elle ne supporte pas. Elle ne part pas sans but, elle ne vagabonde pas avec désarroi. Elle ne part pas désemparée. Elle part déterminée. Résolue et décidée c’est l’itinéraire qui la mènera à la concrétisation de ses rêves qu’elle choisit enfin d’emprunter. Elle a tant subit. Tant souffert. Elle s’est tellement sacrifiée mon infaillible mère. Toutes ces années à jouer le rôle du papa et de la maman. A assumer, à prendre en charge pour trois. A porter deux cartables, un sac à main, une caisse à outils. Elle a bien mérité, mia atrevida madré, de s’alléger. De monter dans l’avion avec un sac à dos, des chaussures, des bâtons de marche, un livre et quelques cailloux. Elle a bien mérité, mia intrépida madré, de s’envoler dans les airs l’esprit léger, le cœur apaisé vers cet autre part où le temps est suspendu, où la frénésie parisienne n’existe plus.


Moi j’avais peur. Pour elle. Pour moi. J’avais peur qu’elle m’oublie. Que de si loin elle ne se souvienne plus qu’elle avait une fille. Qu’absorbée par les merveilleuses choses qu’elle allait faire, voir, rencontrer, récolter, lors de sa fabuleuse chevauchée, elle ne se souvienne plus que moi, j’étais encore là. De l’autre côté de la planète, à dix-sept heures de vol, loin de tout ce qu’elle a quitté, à dix mille deux cent quatre-vingt-quatre kilomètres. Mais elle me l’a dit. Elle me l’a écrit. On s’est téléphoné. Et toutes les deux, ensemble, on a répété ces phrases comme des mantras. Pour qu’ils résonnent en moi. Pour que je m’en souvienne quand je douterais. Pour qu’ils vibrent dans mes tripes et qu’ils soient ma plus belle arme d’attaque contre les mots, les gens, quiconque me chuchotera des paroles médisantes, méchantes, méprisantes et malveillantes. Celles qui font mal au Coeur. Celles qui sèment le doute. Celles qui ravagent une âme apaisée. On s’est dit qu’on s’aimait. Je t’aime Alexia. Je t’aime Maman. On s’est dit qu’on se faisait confiance. Je crois en toi Alexia. Je crois en toi maman. Je lui ai dit que je pourrais le faire. Je peux le faire. Elle me l’a confirmé. Elle me l’a promis. Juré. Craché. Tu peux le faire. Alors je lui ai répondu ou demandé. Je ne sais plus trop. Tu peux le faire -point d’interrogation, point final – Et elle m’a répondu, confirmé fermement. Je peux le faire. Et là. On s’est serré dans les bras. Très fort. Malgré la distance. Juste par la puissance de nos voix et de notre amour qui transcende le métro, le periph, les péages, l’A86, les ponts, les champs de colza, les airs d’autoroute. Il n’y a pas d’obstacles, pas d’interférence, de coupures. Juste de l’amour. Beau. Doux. Frais. Pur. On a raccroché le téléphone. Nos voix ne vibraient plus à l’unisson. Mais nos cœurs battaient symphoniquement sur la même mélodie. Et sa main si chaude était encore cramponnée à la mienne. Je la sentais présente. Tout près de moi. Comme si elle était vraiment là. Vraiment pour de vrai tout juste là. Et pourtant je savais que chaque minute qui passait m’éloignait un peu plus d’elle jusqu’au grand départ, jusqu’au long voyage, jusqu’à l’interminable aventure. Elle est partie ce matin. Sans billet retour. Avec un sac sur le dos et quelques cailloux dans la main. Elle est partie ce matin. Avec le Coeur rempli d’amour. Sans avoir peur du lendemain. Elle est partie ce matin. Sans faire de détour. Pour montrer à sa fille le chemin. Depuis dix-huit ans chaque jour elle lui indique la route à suivre et aujourd’hui encore c’est ce qu’elle fait en prenant son envol. Elle lui démontre qu’il faut agir pour sa propre vie. Pour ne pas condamner ses rêves à rester au statut de rêves. Qu’il fait les introduire dans une réalité. Qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer. Etre Maitre dans sa propre maison, disait Freud. Antonia, maman, mia querida madré, elle me prouve que notre maison n’a que les fondations qu’on établit, les barrières qu’on s’impose, les limites qu’on decide ou non de franchir. L’âme est dans son corps comme le pilote dans son navire, disait Platon. Antonia, maman, mia valienta madré, elle me démontre qu’aucune vague ne peut troubler sa détermination, que pas une tempête ne peut ébranler ses envies, ses rêves, ses aspirations.

Vis. Rêve. Vole. Devient. 

Et souviens toi maman : je t’encourage. Je te soutiens. Tu es grandiose. Moi je grandis. J’ose. 


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