Sciences po ou mon festival de Cannes à moi !


Ne tripote pas tes cheveux. Ne te ronge pas les ongles. Respire. Parle distinctement. Prends le temps de réfléchir avant de répondre. Souris. Sois sereine. Et amuse-toi !
Il y a trois mois je m’étais rendue rue Saint-guillaume, submergée par le stress, inondée par l’angoisse à l’idée de devoir plancher pendant six heures sur l’un des vingt-et-quelques chapitres d’Histoire que j’avais ingurgité en deux mois après que, le jour de Noël, je me sois finalement décidée à opter pour l’itinéraire de Sciences Po pour poursuivre ma scolarité.
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Il y a un mois étaient publiés cette interminable liste de noms parmi lesquelles se trouvaient inespérément le mien. Cette liste des admissibles, ceux qui avaient décrochés le précieux sésame qui leur permettrait de se présenter le mois suivant au grand oral.
Me revoilà ce matin rue Saint-Guillaume.
Je n’ai pas taché mon chemisier en buvant mon café. Il ne pleut pas. Pas de panne de signalisation ou de colis suspect, j’ai même pu m’asseoir sur un strapontin dans la ligne 13. Je suis à l’heure et même en avance. J’ai ma convocation, ma pièce d’identité.
Que me manque-t-il pour convaincre les jurys qu’ils ont absolument, nécessairement, indubitablement besoin de moi à la rentrée ?
Un brin de confiance, siouplé !
Me voilà assise face à ces deux grands messieurs qui ont eu tout juste trois minutes pour découvrir qui j’étais à travers la lettre de motivation que j’ai envoyée en décembre dernier. Ils lancent le chronomètre et me demandent de me présenter. Voilà l’oral. Le grand oral qui vient de commencer.
Il ne s’agissait pas seulement de parler de moi ou de géopolitique. Rentrer à Sciences Po n’est pas une ligne à glisser sur un CV, quelques mots symboliques. Ce n’est pas non plus intégrer une école prestigieuse et emblématique.
C’est le projet qui m’a sauvé la vie. C’est l’envie de vivre qui a resurgi. Quand du jour au lendemain, je me suis projetée plus loin que juste le prochain repas. Que j’ai pu prendre mes pinceaux, ma peinture et commencer à dessiner les premières esquisses de la jeune femme que je souhaitais devenir. Depuis ce jour-là je n’ai eu de cesse d’en affiner les contours, d’y mettre des couleurs profondes et vivantes, et aujourd’hui je continue encore à peaufiner la toile de ma vie mais j’aime ce qui se dégage de ce tableau. J’aime ce moi que je suis devenue qui s’épanouit chaque jour un peu plus depuis que je suis sortie de ma chrysalide et que j’ai déployé mes ailes de papillon.
Sciences Po ou pas, le tableau n’a jamais été si vivant, le soleil n’a jamais brillé aussi intensément, reste maintenant à déployer mes ailes, et à voler… Librement… Sereinement. (Et si je pouvais voler jusqu’à la Rue Saint-Guillaume, ça ne serait pas de refus !)

Et pardon maman pour tous ces bouquins que je t’ai fait acheter…

 

2 réflexions sur “Sciences po ou mon festival de Cannes à moi !

  1. le rayon de soleil qui ce matin réchauffe mon cœur c’est TOI Alexia.
    Derrière les nuages il y a toujours le ….. il faut juste le temps que le nuage bouge un peu et cela peut être long on, tu, le sais….
    J’aime ce texte et ce qu’il en transpire….
    Doux baisers

    J'aime

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