Les premiers rayons du printemps…


C’était doux. C’était léger.
Lumineux. Fleuri et frais.

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Les arbres bourgeonnaient de feuilles fraîchement verdoyantes qui se sont déployées avec l’arrivée perçante des premiers rayons du soleil brûlants du mois de mai. Les pierreries du printemps en fleurs reluisaient sur les façades dorées des vitrines parisiennes. Sur les trottoirs, piétinés par les passants aux bras dénudés, aux cheveux détachés, coule la sève mielleuse des premiers jours ensoleillés. Finie la frénésie hivernale, le front baissé sur le pavé mouillé, place aux regards fascinés par l’horizon bleuté du ciel dégagé.
Qu’il est doux et apaisant ce temps qui invite généreusement l’esprit, d’ordinaire tourmenté, à s’accorder avec cette sérénité environnante et délicieusement enveloppante sur laquelle il accepte volontiers de tournoyer.
C’est donc tout naturellement que je suis entrée sur la piste de danse, prête à valser sur cette chaleureuse mélodie insufflée et composée harmonieusement par les prémisses estivales.
Réduites au silence par cette fraîche symphonie, les assourdissantes obsessions habituelles lourdes et pesantes se sont, comme les nuages denses et grisonnants inondant le ciel depuis trop longtemps, subtilement et presque miraculeusement éclipsées.
Plus de questions. Plus de doutes. Pas le moindre tourment.
Un plat dégusté sous une verrière ensoleillée. Un moment de rires, de partage en toute simplicité. 

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Elle est donc là, la recette du bonheur. De la convivialité, de la bienveillance mais surtout encore et toujours de la volonté. La volonté de voir mon quotidien progressivement changer, doucement se métamorphoser, et indubitablement s’améliorer.
Quelle fierté immense que de constater les progrès que j’ai effectué quand aujourd’hui je suis capable de choisir ce que je souhaite manger, que je le déguste avec plaisir. Mais surtout que le contenu de l’assiette ne représente plus qu’un infime et insignifiant détail qui ne conditionne plus en rien l’intégralité de ma journée.
Il est bien loin le temps désespéré où les repas n’étaient que larmes, contraintes, disputes. Quand nous regardions les cartes à l’entrée des restaurants avec l’espoir que je puisse picorer une feuille de salade sans inonder de larmes et de dégoût mon assiette. Quand impuissante et désemparée face au zombie ambulant et squelettiement en danger que j’étais, maman ne savait plus si elle devait me disputer, me forcer, ne rien faire, me contraindre, me secouer. 

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Aujourd’hui je sais faire.
Aujourd’hui je sais vivre.
Aujourd’hui je peux manger et être libre.
Libre de profiter de la vie que j’ai choisie de mener.


2 réflexions sur “Les premiers rayons du printemps…

  1. merveille… nous c’était la pluie et plus Toussaint que le printemps.
    Quand je dis que derrière les nuages il y a toujours le soleil, tu l’expérimente maintenant alors profites de ces instants sans modération et s’il pleut la table à l’intérieur est aussi agréable ! doux baisers

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