Do yoga and enjoy life avec Julie Ferrez


Do something today that you’re future self will thank you for

Je n’avais pas besoin d’être la meilleure. Encore moins d’être la plus intelligente ou la plus brillante. Personne n’attendait rien de moi. J’avais le droit d’être moi, juste moi. Sans exigence supplémentaire que celle de prendre du plaisir, de vivre et m’épanouir.

J’avais peur de ne pas y arriver. Encore une fois d’échouer. De laisser mon mental froid et rigide comme l’acier s’emparer du plaisir d’autoriser mon corps à s’évader.
J’avais peur de ne plus me souvenir comment alléger mon esprit en débranchant mon cerveau pour que mon corps puisse s’envoler en empruntant le couloir lumineux de la musique.
Mais encore une fois, j’avais admis et gobé le présupposé que j’échouerais avant même d’avoir essayé. Comme bien souvent, mon jugement premier, qui d’ordinaire me paralyse et m’empêche de faire quoi que ce soit, s’est avéré faux et purement infondé : tout est revenu comme si mes douze années de danse n’avaient jamais été interrompues par l’anorexie. Comme si mon corps s’était imprégné des mouvements gracieux et délicats que j’ai soigneusement façonnés durant tant d’années et qu’il me suffisait d’assembler à nouveau les gestes que j’avais appris pour retrouver harmonie et fluidité. Il se souvenait de tout comme si l’anorexie n’était jamais passée par là. Si en apparence mon corps est dévasté et mes muscles sont rongés par la maladie, ma souplesse elle est restée intacte.
Constater que certaines facultés de mon corps étaient, malgré le traumatisme qu’il subit depuis six ans, encore préservées de la maladie me redonner l’espoir de renouer un jour avec cette petite fille, qui devrait aujourd’hui être une jeune femme, que j’ai abandonnée il y a six ans.
Ce matin, je l’ai entraperçue. L’Alexia que je devrais être, que je voudrais être, que je ne me suis pas autorisée à être, que je rêve d’être. J’ai croisé son regard dans le reflet des beaux miroirs de la salle de danse. Je ne voyais ni son corps amaigri et fatigué, ni ses joues creusées. Mon esprit libéré et mon sourire adoucissaient les angles osseux de mon corps. La frêle brindille ambulante était anéantie par l’enveloppe mélodieuse qui remplumait délicatement d’un moelleux duvet ma carcasse répugnante.
Mon corps ne me dégoutait plus. Je me trouvais belle et lumineuse. Gracieuse et harmonieuse.
Et en regardant ces photos que maman a prises, je perçois encore la lumière qui s’émanait de moi lorsque ce matin Julie Ferrez m’a offert la chance d’assister à ce cours de Yog’n Dance.
IMG_4459.JPG
Ce soir je ne doute plus un instant quant à la réponse que je formulerais si l’on me demandait : Selon vous, quand est-ce que l’on est guérie de l’anorexie ?
Je répondrais indubitablement : Quand on a retrouvé l’étincelle, les fragments de lumières qui brillent dans les yeux et qui éclipsent sur une autre planète les pensées douloureuses.
Un ciel éblouissant intégralement recouvert de ces petites étoiles pétillantes qui représentent autant de moments de bonheur récoltés et collés sur ce ciel qui, avant d’être si lumineux était noyé de larmes, de flaques d’encre noire. Voilà ma définition de la guérison.
IMG_4482.jpg
It’s a process.
It’s a process.
It’s a process.
Change take time.

Un mot de soutien ? Une parole reconfortante ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s