« Rentrez le ventre, levez la tête, fermez la bouche, gonflez la poitrine ! »


FEMMES, FEMMES – A quelle femme n’a-t-on un jour pas dit qu’elle était TROP grande, TROP petite, TROP maigre, TROP bavarde, PAS ASSEZ comme ci, un chouille trop comme ça ?
A quelle femme n’a-t-on jamais demandé d’essayer d’atténuer une facette de sa personnalité un peu trop proéminente, une courbe disgracieuse ?
« Changer la couleur de mes yeux ? Ah non, là, ça risque d’être compliqué ! »
Combien de personnes m’ont déjà épiée avec un regard accusateur si ce n’est réprobateur ?
Combien de personnes m’ont, sans me connaître, jugée par ma seule apparence physique ?

Si la pensée intérieure qui se permet de juger nous apparaît parfois inconsciente et donc involontaire, certaines paroles odieuses en revanche sont parfois dites parfaitement consciemment et sans aucun assujettissement de la pensée. Sans doute ces paroles ont-elles oublié de passer par le filtre à inepties qui tamise cette discontinuité de la pensée qui semble dépasser notre psyché.

Toute femme – de l’enfance à l’âge adulte – s’est une fois dans sa vie sentie inférieure, rabaissée, discréditée ou persécutée.
Au travail, en société, dans la rue, dans le métro, toute femme a un jour été confrontée à l’INTOLERANCE d’un individu qui s’est permis sans raison apparente – ou au contraire apparente, mais dérangeante – d’injurier verbalement une femme.

Et si ce n’était pas son physique qui lui faisait défaut en inspirant aux pervers de l’âme une telle véhémence, la cause, bien qu’étant tout autre, était tout aussi insoluble : le problème était son genre.

Aujourd’hui, encore en 2015, la seule raison d’être une femme suffit à être congédiée de la société. Certes, les femmes peuvent voter. Les femmes peuvent s’exprimer au sein d’une assemblée.

Mais devons-nous nous satisfaire de ces droits fondamentaux ? Sommes-nous réduites à nous contenter de ces banales commodités ?
A l’heure où les hommes s’apprêtent à opérer une tumeur sans chirurgie, à concevoir des vaccins contre des cancers, ou à remplacer la fibre optique par de la soie comment les femmes peuvent encore être réduites à la procréation et à la soumission à son mari.

Non, une femme n’est pas meilleure qu’un homme au repassage, en cuisine et au changement des couches !

Si le métier de maman ou de femme au foyer reste indéniablement honorable, quid de toutes les autres qui aspirent à s’élever au même rang que les hommes qui occupent la belle part de notre société et dont on se moque bien de savoir s’ils ont un PHYSIQUE INTELLIGENT suffisamment pour correspondre au poste recherché ?

Je me demande quelle part des hommes a un jour été éconduit à un entretien d’embauche pour des critères physiques versus le nombre de femmes à qui l’on a gentiment expliqué qu’elles ne correspondaient malheureusement pas au profil.
Les employeurs feraient mieux de regarder les compétences inscrites dans un CV plutôt que d’estimer la valeur de leurs candidates à leur tour de poitrine.

Sans doute avez-vous percé dans ces lignes l’expression délicate du « plafond de verre ». Ce mur invisible que les femmes s’efforcent de briser en luttant contre les dogmes imposés par notre société. Si les mots ne suffisent pas à illustrer cette expression américaine qui englobe les obstacles auxquels sont confrontés les femmes pour s’intégrer au monde, les chiffres parleront d’eux-mêmes et n’auront probablement pas besoin de petits astérisques.

Si les femmes gagnent en moyenne 7000 euros de moins par an que les hommes, sans doute est-ce notamment dû au fait qu’ils représentent 93 % des chefs d’entreprises. De plus, seules 11 % des femmes occupent un poste à « forte responsabilité ». Si les exigences de compétences sont accrues lorsqu’il s’agit de femmes, il semblerait également que les hommes soient parfois surclassés dans leur entreprise, se retrouvant ainsi à la tête d’une équipe alors même qu’ils ne disposent pas de compétences nécessaires pour le faire. « Bloquant » ainsi des emplois que des femmes seraient parfois plus à même d’occuper.

Effectivement, et à la surprise de certains, les femmes ne sont nécessairement pas limitées intellectuellement.

S’il semble évident que leur niveau d’études puisse largement concurrencer avec celui d’un homme, il semblerait que cette banalité ne serve pas toujours d’appui lors d’entretiens. C’est ce que Marine Aubin défend en son nom d’abord et en celui de toutes les femmes qui ont déjà accepté, non pas de participer, mais de parler, d’exprimer et de partager la nature des obstacles qui les ont empêché d’avancer.

Avec d’autres femmes réunies autour d’un même projet. Autour d’un même pouvoir. Ainsi leur corps n’est plus l’objet du délit qui s’apparente à une déchirure de l’âme mais la revendication même de cette « contrainte » qui ne se manifeste plus par le corps comme une faiblesse mais bien comme leur plus grande force.

Si Marine n’a plus peur de dévoiler ses voluptueuses et pulpeuses courbes divinement féminines, Antonia quant à elle ne souffre plus de ses jambes de girafe, son oreille décollée ou ses dents de travers. Ludivine n’a plus peur. J’ai rejoint toutes ces femmes qui ont déjà fait de leur corps la source de leur puissance pour affronter et LUTTER CONTRE LEUR PLAFOND DE VERRE.

Pour la première fois je me suis mise à nu. Pour la première fois j’ai ôté les vêtements sous lesquels je m’abrite pour dissimuler cette maigreur effrayante que j’incarne mais qui ne me définit pas. J’ai enfin osé dévoiler ce corps, que je m’efforce chaque jour d’accepter, aux yeux de tous. J’ai enfin osé me montrer, telle que je suis.

Aujourd’hui. Cette série de photos intitulée « W is for… » (WondHer, Winner, Warrior) vise à accompagner le lancement de WondHer.co, une plateforme pour aider les femmes à briser leur plafond de verre et faire ce qu’elles veulent vraiment de leur vie. On a déjà pointé du doigt à chaque femme une « imperfection », le fait qu’elle est « trop » ou « pas assez », souvent sans qu’elle n’ait rien demandé. L’objectif de la séance est de mettre en avant des femmes qui sont passées outre, qui ne se laissent pas/plus définir par cette « imperfection », des GUERRIERES – et d’inspirer d’autres femmes, des jeunes filles à en faire autant.

Et n’oubliez pas mesdames-oiselles ce que disait Aristote : « Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections. »

Article paru dans Garçonne Magazine 

Capture d’écran 2015-10-07 à 07.13.33Backstage Shooting !


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