Il est grand temps de rallumer les étoiles.


Combien de fois et combien de personnes m’ont un jour demandé : « et toi tu veux faire quoi plus tard ? »…
Si certains savent pertinemment ce qu’ils veulent faire depuis qu’ils ont huit ans, que devenir chirurgien coulait de sang, que tenir une mercerie semblait aller de soi(E), qu’être gardien de prison était inscrit dans leurs cellules…
Il n’en était rien pour moi.
Après avoir tout d’abord pensé pouvoir faire de mon irrésistible passion pour le jambon cru et le saucisson, qui me poussait notamment à me lever la nuit pour en grignoter dans le frigo, mon métier en devenant charcutière, je me suis par la suite tournée vers un avenir plus créatif en voulant devenir bijoutière. Après m’être laissée émerveillée par la magie de l’or, j’ai ensuite songé à développer mon odorat par le biais du métier de fleuriste. J’avais appris à coudre à l’école. Je faisais des napperons en crochet. Et de belles broderies. Et du tricot aussi. Je serai couturière. Ou styliste. C’était décidé. Et puis après j’ai ouvert un salon de beauté dans ma chambre : « mix-coiff' ». Mon agenda était rempli de rendez-vous par mes deux seuls clients, à savoir mon beau-père et la mère. Manucure, coiffure, épilation des sourcils, massages crâniens, réflexologie plantaire… Finalement, je serai esthéticienne. Et puis je me suis mise à la peinture. Au dessin. Alors j’ai voulu être artiste. Ca c’était sans compter les quelques mois où j’avais finalement opté pour m’engager dans la politique et devenir la première femme, présidente de la république. Ca a duré quelques mois.
Et puis, comme le reste, ça m’est passé.
Au début, je cherchais vraiment à trouver une réponse à donner à la question « et toi, tu veux faire quoi plus tard ? ».

Et puis j’ai moins cherché.
Et puis j’ai moins rêvé.
Et puis j’ai abandonné.

Peut être que si j’avais voulu être astronaute j’aurais trouvé comment rallumer les étoiles. Mais aucun électricien n’aurait pu changer l’ampoule qui avait grillée dans ma tête, pour éclairer le noir profond, le vide immense qui s’était installé dans mon être.
Par glissements successifs, les priorités n’étaient plus les mêmes. Au lieu de penser à demain, j’étais obsédée par le repas prochain. Détournée de la réalité, obnubilée par la morbidité qui s’était emparée de mon quotidien.
Je me suis perdue en chemin. J’ai abandonné mon destin.
La question n’était plus de savoir ce que je voulais faire mais bien de s’assurer que je serais encore vivante pour prétendre faire quoi que ce soit.

Et puis j’ai rencontré un grand monsieur.
C’était une journée sombre et glaciale du mois de novembre de l’année passée. (oui, je vous passe les hospitalisations, les rechutes, les rares moments de lucidité, les dépressions, l’isolement…). Il s’adressait à toute une assemblée. Il parlait de son métier. Il était passionné. Son discours était vivant. C’était sa passion qui le rendait vivant. A tel point qu’il a su trouver l’interrupteur qu’il fallait enclencher alors même qu’il n’y a avait plus d’ampoule. Pas de culot. Pas d’électricité.

Aujourd’hui, alors qu’au lycée on me demande de faire LE choix, le bon, celui qui conditionnera tout le reste de ma vie (oui, j’exagère un peu, rien n’est jamais figé dans le marbre, ma mère a bien repris ses études à 40 ans…), je ne sais toujours pas quels « vœux » je vais formuler sur APB. Je n’ai toujours aucune idée, ni du métier, ni des études que je veux faire.

Je me mets une telle pression à vouloir trouver obstinément ce que je veux faire plus tard… Mais à défaut de savoir véritablement ce que je veux faire, ce qui me permettra de vivre avec passion, je sais déjà ce que je ne veux pas faire. Là où je ne veux pas aller. Mais après tout, qu’importe les directions que je prends.
Ce dont je suis sûre indubitablement, c’est que je suis encore vivante pour choisir l’avenir que je veux m’offrir.


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