Se dire adieu… Sans penser à demain.


Ce matin en me réveillant…

Avez-vous remarqué ? C’est toujours à l’aube d’une nouvelle journée que remises en question et bonnes résolutions pointent le bout de leur nez ?
Il ne m’arrive jamais, à la nuit tombée, d’avoir une envie soudaine de révolutionner ma vie, ou ne serait-ce que d’en changer le cours.
Sans doute est-ce à cause de ces proverbes utopiques auxquels nous avons fâcheusement tendance à nous accrocher et à les placarder tant bien que mal sur notre vie, dans l’espoir, illusoire, qu’à force de répétition ils finiront bien par marcher sur nous aussi.
Je pense à « demain est un autre jour », « après la pluie le beau temps », ou encore « aujourd’hui en pleur, demain en fleurs » (ah vous ne le connaissiez pas celui-là hein ?!).
Donc, ce matin (à force de divaguer il va finir par ne plus être ce matin, et je devrai tout réécrire avec ce midi, sauf que ma théorie du nouveau jour qui se lève serait un peu pervertie puisque le jour sera déjà levé depuis au moins quatre heures et enfin bref je ferais bien d’arrêter les digressions…) je me suis réveillée tourmentée.
Non que je ne le sois pas tous les autres matins, de toutes les autres journées qui se sont écoulées jusqu’à aujourd’hui mais, il y avait cette masse dans ma poitrine. Où alors était-ce dans ma tête. Enfin, un truc lourd, et pesant. Au point que je n’ai pas réussi à sortir de mon lit.
Bon là, je ne suis plus dans mon lit, mais habituellement, dès lors que mes paupières sont ouvertes, je chope mon téléphone, check mes mails, les notifications Facebook, Instagram, Twitter. Ensuite, d’un saut de kangourou, je bondis machinalement de mon lit, me démaquille, file à la douche, m’habille. Petit déjeuner expédié en collisimo express, et puis après, j’ouvre mon ordinateur (si ce n’est pas déjà fait entre le petit déjeuner et le brossage de dents) et la journée commence.
Bref, rythme effréné et trépident !
Mais ce matin (ouf, c’est bon, on est toujours ce matin), c’était différent.
Déjà je me suis réveillée avec ce machin écrasant qui m’a cadenassée au lit et il y avait tous ces points d’interrogation qui sautillaient dans ma tête (oui bin y’en a qui voient des moutons, moi je les ai jamais vus et c’est pas faute d’avoir cherché !).
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Ca commençait par pourquoi, et là, liste déroulante interminable de pourquoi…
  • les mécanismes persistent ?
  • l’anorexie ne veut plus m’écouter ?
  • sa voix est plus forte que la mienne ?
  • elle résiste à ma volonté de me libérer ?
  • elle m’impose de mourir alors que j’hurle que je veux vivre ?
  • je persiste à me dévaloriser alors que je me prouve chaque jour que j’ai les capacités d’y arriver ?
  • je me complais dans cette situation mortifère ?

Qu’est-ce que je cherche ?
A attirer l’attention ?
A recevoir des autres l’amour que je n’ai pas reçu, que je ne pense pas mériter, que je n’arrive pas moi-même à m’accorder ?Est-ce que JE suis responsable de ce qu’il m’arrive ?

Pourquoi est-ce que l’exigence n’arrive jamais à satiété ?

Tous ces pourquoi sans réponse. Sans solution.
Alors le pourquoi s’est substitué en « fait chier ».
Et le fait chier, bien que plus long que le pourquoi (attends que je dise pas de bêtises… une, deux, trois… c’est bon huit lettres versus neuf, et si on compte l’espace ça fait même dix), était vachement moins oppressant.
C’est pas une solution, je sais.
Mais c’est toujours mieux que se morfondre et se laisser accabler par toutes ces interrogations auxquelles je ne peux pas répondre. Et même si je les envoie balader, je sais pertinemment qu’il suffit que j’entrouvre le tiroir pour qu’elles me sautent à la figure et m’arrachent les yeux des orbites. Bien évidemment, vulnérable comme je suis, mais surtout pétrifiée je les laisserai m’embrigader et me ratatiner comme le petit poids (pour ne pas dire sous-merde) qu’elles m’infligent d’être.
Et ça donne quoi concrètement ?
Hé bien honnêtement, je n’en sais rien.
Parce que si je leur dit « fait chier » c’est pour ne pas leur dire « je ne sais pas ».
Je me planque derrière ça pour ne pas m’avouer à moi-même que je n’y comprends plus rien.
Après cinq années de grignotage permanent, quatre hospitalisations, une tentative de suicide, deux jours en réanimation.
Après avoir inondé des océans de larmes désespérées, enseveli des déserts de tous les grains de sable que j’ai déracinés de mon passé.
Je ne comprends toujours pas pourquoi je persiste à m’acharner sur mon sort.
A infliger ce supplice à mon corps.
Je trouve toujours un « oui mais ».
Je vais m’arrêter ici, parce que je sens la culpabilité qui s’empare de chacun de mes neurones. Mais surtout l’impuissance désemparante (je ne suis pas sûre que ça existe, l’ordinateur met une vaguelette rouge dessous, mais c’est vraiment ce mot que j’ai envie d’employer) face à l’impossibilité de vivre à laquelle je me soumets.
Lorsque je me suis réveillée ce matin, il y avait ce poids. Il était bien dans ma poitrine. Je m’en souviens maintenant, parce que dans ma tête il y avait cette chanson :

J’aimerais me dire qu’il est temps de « se dire adieu ».

Une réflexion sur “Se dire adieu… Sans penser à demain.

  1. et si on se disait à demain,
    à dans dix ans, même jour, même heure !!
    en pensant à la joie d’être ensemble
    je t’envoie un bouquet de sourires.

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