Chut.


Il y a eu la méchanceté et l’incompréhension.
L’intolérance et la stigmatisation.
Toujours du jugement. Rarement de la compassion.

C’est ainsi que se comporte l’Homme lorsqu’il est confronté à l’inconnu.
C’est ainsi qu’agissent les gens lorsqu’ils me voient dans la rue.
Il y a eu les regards blessants. Les remarques désobligeantes. Les mots déchirants.
Parce que c’est propre à l’être humain de porter un regard malveillant et intransigeant à quiconque est différent.
Mais il faut, en revanche, que moi, je sois patiente et tolérante envers leur méchanceté et leur indifférence.
Il faut que moi je persiste à excuser leur maladresse.
Il faut que je me répète « Ne leur en veux pas, ils ne comprennent pas. »
Et j’en reviens toujours au même point.
Le problème n’est pas eux.
C’est toi.
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Parce que tu es différente. Que ta présence implique des contraintes. Que le poids que tu pèses implique trop d’adaptation.
Et que fait-on face à l’embarras que nous imposent ces contraintes ?
Et bien on fait en sorte de ne plus avoir à y être confronté.
On fait en sorte de les éliminer de notre champ de vision.
On asphyxie son regard.
On étrangle ses oreilles.
On sait qu’elles sont là, quelque part, mais on préfère les marginaliser.
C’est plus facile de les éloigner parce qu’après tout, c’est vrai, devoir s’adapter aux autres, ça fait un peu chier.
C’est ce qu’il se passe quotidiennement pour moi.
Lorsque j’essaye de me normaliser. De me standardiser.
D’arrondir les os de ma carcasse pour la faire rentrer dans le moule.
D’arranger mon esprit un peu déglinguer pour « mieux passer » en société.
Pour ne pas prendre trop de place. Déranger. Il faut ne pas bouger.
Assis. Couché. La gueule muselée.
Bouche cousue. Un peu trop cadenassée.
On ne l’ouvre plus.
Ni pour parler.
Ni pour manger.
« Excusez-moi ? Je peux respirer ? »

2 réflexions sur “Chut.

  1. Tu as terriblement raison … je ne peux dire le contraire. Ce que tu vis, toi qui est différente, plusieur(e)s le vivent pour d’autres causes de différence mais tu as la clé: l’avancée, la solution est en toi – elle est toi. Appelles cela compréhension, recul, ignorance, désinvolture, laisser-dire / laisser-faire mais c’est cela: c’est par toi et avec toi que tu vas t’en sortir: exister, rire, respirer, déranger, bousculer bref, prendre TA place et pas celle d’un(e) autre parce que tu as la tienne comme nous toutes/tous gros, minces, maigres, grands, petits, blonds, roux, bruns, bigleux, bègues etc…. Tu n’es pas un problème, tu es ta solution :-). Bises Alexia

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  2. C’est fin et juste. Terrible constat.
    J’ai pu l’observer lorsqu’une très bonne amie ( et loin d’être une adolescente) s’est fait insultée de « cas sociale » parce qu’elle était plus fine que les autres. Et pourtant à cette soirée où elle était invitée elle essayait aussi de se « normaliser ».

    Il ne faut plus prêter attention (facile à dire) aux gens OPAQUES.

    L’anorexie est très mal comprise et jugée. Tout le monde n’en souffre pas, on s’entend. Cependant, d’autres personnes souffrent de timidité MALADIVES ou d’autres addictions que l’anorexie.

    Pensées affectueuses

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