Histoire commune pas tout à fait ordinaire…


Aujourd’hui, j’ai déjeunéIMG_0159 en terrasse avec une copine…

Ce pourrait être le début d’une histoire banale et sans intérêt. Et pourtant c’est celle que je vais vous raconter parce qu’elle a une importance hors-norme dans ma guérison. Tout simplement, et justement parce que c’est la simplicité qui fait toute la complexité de l’acte, je m’en suis privée pendant des années.

Trop difficile.
Trop angoissant.
Trop éprouvant.
Trop stressant.
Trop tout.

Alors plus rien.

Parce que manger dehors, ça veut dire :

– manger, par définition, pour une anorexique, s’alimenter n’est pas ce qu’il y a de plus évident.

– dehors, un lieu inconnu donc, hors de ma zone de confort, de mes habitudes où je suis d’ordinaire sans témoin.
Or, déjeuner à l’extérieur implique d’être confrontée au regard des autres.
Et quel regard quand, l’esprit parasité par mon anorexie je ne suis plus dans un restaurant mais dans un tribunal.
Quand je ne suis plus en compagnie d’amis mais de juges impitoyables.
Et surtout quand attablée et assise sur ma chaise, je me retrouve accablée sur le banc des accusés.

Mais aujourd’hui j’ai enfreint l’injuste loi que je m’impose depuis trop longtemps. Selon laquelle je ne mériterais pas même d’être jugée. Selon laquelle je n’aurais que le droit de garder le silence. Selon laquelle je serais bonne à envoyer en prison à perpétuité.
Aujourd’hui j’ai pris la décision, en pleine conscience, de braver le règlement. Mais surtout je suis fière de l’avoir fait et ne laisse pas une once de place à une quelconque culpabilité.
J’ai interpellé le serveur. Oui, j’ai le droit de parler et je suis digne d’être écoutée.
J’ai commandé à manger. Oui, j’ai le droit d’avoir faim, de manger parce qu’il est midi. De choisir le plat que je veux, et non pas le moins calorique, le plus light ou le moins gras.

Enfin, oui J’AI LE DROIT DE ME NOURRIR !

Déjeuner dehors représente une vraie épreuve de Koh Lanta pour moi.
C’est déjouer les codes, transgresser les règles, déroger aux lois.

Parce que manger, c’était pêcher.

Mais sans changements, pas d’amélioration.
J’ai enfin pris ma revanche sur toutes ces invitations que j’ai déclinées, tous ces repas que j’ai gâché, ces moments de partage à côté desquels je suis passée.
Parce que quand dominé par l’anorexie le cerveau est abruti par des pensées pernicieuses et nocives, il n’est plus capable de discerner l’irrationnel du réel.

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