Une vie où tout ne serait qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté…


Pourquoi n’aurais-je pas le droit au bonheur ? Pourquoi n’aurais-je pas le droit à la vie ? Qui est l’auteur de cet acharnement incessant ? Qui est le coupable de cette lutte perpétuelle ?

Combien de gens crèveraient pour un bol de riz ? Et pourtant, qui d’autre que moi m’empêche de toucher du bout du doigt la vie ? Comment l’acte le plus anodin de l’univers qui peut être associé à tant de plaisir, se nourrir, peut-il un jour devenir le plus insupportable châtiment ? Que m’est-il arrivé pour qu’un jour je perde goût en le plaisir de vivre ? La nourriture n’est pas dissociable de la vie, parce que manger est vital et qu’il n’y a pas de vie sans nourriture. Alors comment une petite fille aussi joyeuse, rayonnante et avide de découvrir tous les trésors cachés de l’univers peut-elle s’emmurer dans cet état d’inanité. Combien de temps me reste-t-il encore à attendre désespérément que sa Majesté daigne enfin lui permettre de reprendre cette vie suspendue, inanimée, interrompue. Je sens pourtant grandir en moi plus que jamais cette insatiable envie d’épanouissement. Que faire ? Attendre que la faucheuse consente m’octroyer le droit d’Etre. Serait-il temps que je me révolte après avoir été condamnée à la déshumanisation, la déchéance physique, le désarmement psychologique ? Comme si effrayée par ce trop plein de vie il avait fallu qu’elle m’en dispense jusqu’à ne m’en faire connaître que les aspects les plus épouvantables.

A quoi bon rêver si je ne me donne pas les moyens d’accomplir le peu de choses qui me maintiennent en vie ?

Tant de questions, d’interrogations pianotées sur un clavier que je ne parviens pas à élucider… Quelle frustration que celle de vouloir vivre mais de ne pas avoir le mode d’emploi…

Ikea ? Vous n’auriez pas une notice pour moi ?! Un truc facile à monter, sans trop de vis et de clous, des instructions biens claires, et des petits dessins histoire qu’une fois de plus je ne fasse pas fausse route… A moi que ma vie soit vouée à un échec inéluctable, que je sois une descendante de Phèdre, et que je ne puisse lutter contre le mythe fatal qui s’est abattu sur moi…

A bon entendeur…


16 réflexions sur “Une vie où tout ne serait qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté…

  1. Courage
    ,tous ces efforts , ce courage et ce talent vont forcément te conduire à la lumière . Sans te connaitre personnellement je te suis depuis longtemps . J’espère et attends le moment ou tu nous annonceras avec ta jolie plume que tout cela est derrière toi et que tu navigues enfin en eau calme .
    Amitiés

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    1. J’attends impatiemment ce jour.. Cette délivrance signe de renaissance… Je serai si heureuse quand ce jour viendra et que je pourrai partager cette victoire avec vous… En attendant merci infiniment pour votre soutien ❤

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  2. J’aurais aimé joindre à mon post un mode d’emploi digne d’IKEA (les clous, les vis et les charnières en moins :-)). Oui mais voilà, je gribouille (plutôt bien), j’organise les choses et mets de la couleur (je suis décoratrice d’intérieure) oui mais voilà, je n’ai pas de réponses toutes faites à toutes tes questions. J’ai lu ton billet et j’ai été propulsée 10 ans en arrière… J’avais ces interrogations sur qui?pourquoi?et moi?pourquoi les autres et pas moi? J’ai cru que ça n’en finirait pas, que je finirai ma vie ainsi rongée par les questions, j’ai consulté (pendant 6ans) pour comprendre que nous sommes capitaine d’un bateau qui affrontera à coup sûr plusieurs tempêtes. J’ai cru mille fois sombrer, mille fois me noyer. Et puis (mais je ne me l’explique pas) j’ai jamais voulu vraiment lâcher. Je me suis battue comme j’ai pu: j’ai avancé, reculé, sauté je me suis rétamée, écorchée, cognée et puis un jour (celui de mon anniversaire, j’avais 36 ans) on m’a dit: »vous êtes enceinte d’une petite fille ». Je sais qu’aucune histoire n’est identique, moi je voulais juste te dire que c’est tout droit (globalement) et que si jamais tu tournes à droite y’a plein de personnes bienveillantes qui t’allumeront le chemin pour que tu retrouves la voie, que si tu tournes à gauche ça peut aussi t’apprendre des choses (de toi, des autres) mais comme tu as la chance de te poser des questions, d’essayer de comprendre (même si toutes les réponses ne viendront peut être pas) c’est par ce chemin que tu y arriveras. Moi, en tous les cas, j’y crois !! Céline

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    1. Merci pour ce beau témoignage dont j’essaye de m’inspirer chaque jour depuis que vous m’en avez fait part… Trop de noyades, de tasses bues… Glourps…
      Où aller quand on a poussé toutes les portes, essayé toutes les clés dans toutes les serrures et qu’aucune ne me délivre ? Quel est le problème ? La clé ? La serrure ? La porte ? Ou tout simplement moi ? J’ai besoin de vie, de concret. Quelque chose de tangible qui me redonne espoir. Je n’attends pourtant pas passivement… Mais rien ne vient… Alors j’attends. Encore. Mais jusqu’à quand ?

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  3. Le temps ne passe pas vite surtout quand on à besoin d’oublier ces moments qui n’en finissent pas.
    Jeune, je me souviens avoir ouvert ma fenêtre tous les soirs pour trouver un peu d’espoir en cherchant dans le ciel la bonne étoile qui me guiderait. N’étant pas croyant, je me suis accroché au petit point brillant que j’avais choisi en espérant chaque jour progresser dans mon désarroi.
    Et puis les jours et les mois ont passés, la situation s’est améliorée par petites touches quotidiennes.
    Je n’ai rien lâché !
    Il n’y a pas de recette miracle. Il n’y a pas de fatalité.
    Chaque pas fait vers l’avant nous éloigne d’un point et nous rapproche d’un autre.
    Avance sans te retourner, l’échine courbée par la volonté, rien ne pourra t’arrêter…

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    1. Le temps semble figé lorsque l’on va mal et pourtant la vie défile à une vitesse incontrôlable… Quand je pense que cela fait cinq ans que je mène une non-vie… Une survie… J’ai tout essayé… J’ai cherché ma bonne étoile dans le ciel, sous terre, dans la mer… Rien n’y fait… Peut-être n’en aurais-je jamais…? Le marchand d’étoiles aurait-il oublié de m’en octroyer une ? Alors est-ce à moi de la créer ?

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  4. Hello Captain’
    Quoi que tu t’en défendes, tu as l’âme et la sensibilité d’une artiste et avec tes mots (mais aussi les dessins que j’ai vu passer) tu nous emportes dans ton sillage avec talent. Ne lâche rien car, et tu ne le mesures probablement pas encore, mais ce n’est pas donné à tout le monde, crois moi !
    Alors profites en : accroches toi à ces mots, tritures les, tortures les … sers toi en comme défouloir, exutoire…. !!!! qu’ils deviennent les artéfacs de tes pensées de ton histoire et de tes espoirs…. vas y à fond et prends les en otage 😉 Ecris ce que tu ressens, inventes des histoires, racontes….
    Les mots sont puissants, tu verras 😉
    Alors ok, ce n’est pas un mode d’emploi IKEA mais il a déja fait ses preuves.
    Fais confiance à ceux qui sont déjà passés par là et t’affirment que ok ce n’est pas facile, mais ça vaut le coup !!!!

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    1. Je m’accroche tant bien que mal à tes mots Martine même si les preuves que le bonheur tant attendu existe, me manquent cruellement… Sans doute dois-je écouter la sage parole de mes aînés…

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  5. Alexia, tu as un talent formidable, une plume légère et grave, magnifique, le meilleur est à venir, quand le soleil se lèvera un beau jour et aura balayé soudainement sur son passage tous ces démons qui devraient ne jamais obscurcir le quotidien d’une jeune fille pleine de vie ! Je suis certaine que ce jour est là, tout près. Je te souhaite encore tout le courage nécessaire pour pousser la porte de l’insouciance que tu mérites. Go go go accroche toi miss 🙂

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    1. Le meilleur est à venir… Voilà ce que je ne cesse de me répéter depuis que j’ai lu votre commentaire… Pourtant, que le chemin est long… Ereintant… Je suis las d’attendre ce « meilleur » qui ne vient jamais… Le bonheur existe-t-il vraiment ? Peut-être arrivera-t-il avec le soleil…

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  6. Alexia, se poser des questions, mettre des mots sur ses doutes, ses envies et ses peurs est une prise de tête infinie… C’est aussi ce qui nous pousse à être nous, dans nos différences et notre complexité unique d’être humain. Personne ne sera jamais toi, et personne ne pourra savoir pourquoi tu es toi, ni dans ce que tu fais ou dis, ni dans ce que tu ne fais ou ne dis pas. Il n’y a aucun autre mode d’emploi qui puisse réponde à tes pourquoi, en dehors de l’amour… L’amour des autres. S’aimer soi-même n’est possible que si l’on est aimé par les autres (me semble-t-il tout le monde est d’accord la-dessus et les témoignages ici ou ailleurs montrent qu’il y a des gens qui t’aiment). Or je crois qu’aimer les autres (avant soi) est un mode d’emploi pour la vie ! Quand elle était petite, ma fille ainée me demandait sans cesse : ‘papa, pourquoi je suis moi ?’… Difficile question pour un papa ! ‘Parce que tu as des parents qui t’aiment’ a été ma seule réponse. Après tout, je ne suis qu’un papa de filles ! 😉 Si je ne suis pas dans la tête de mes filles, je suis dans leur coeur… et la vie aussi ! Sharing is caring !

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    1. Etre soi… Là est exactement toute ma difficulté… Qui suis-je ? Pourquoi suis-je sur Terre ? Qu’ai-je à y faire ? Quant à l’amour des autres… Encore faut-il s’aimer suffisamment, soi, pour songer à laisser les autres nous apprécier un tant soit peu… Vos filles ont beaucoup de chance d’avoir l’amour d’un papa comme vous… J’aimerais ne jamais douter de l’amour de ma mère. Ne jamais douter que je ne lui fait pas regretter le désir d’avoir voulu un enfant. Bien trop souvent le sentiment de ne pas être une « bonne » fille… Bien trop souvent l’envie de m’effacer pour ne plus lui causer de souci…

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  7. L’espoir. But d’une vie. Raison de vivre. Nous ne pouvons pas nous empêcher d’espérer. Espérer qu’un jour on ira mieux, qu’un jour tout cela changera, qu’un jour nous rirons comme autrefois. L’espoir n’est pas une promesse. L’espoir n’est pas une certitude. C’est juste une lueur à laquelle nous nous accrochons tous pour continuer, pour avancer. Vivre. C’est la seule réelle chose que nous avons. Vie haïe, vie aimée. Vie, toujours. « Il faut imaginer Sisyphe heureux » dit Camus. Un jour, j’en suis sûre, tu seras heureuse … (saisis le bonheur d’un instant dès que tu le peux, dans un rayon de soleil, dans un sourire qui t’es adressé, dans une musique que tu écoutes, … c’est ça qui nous fait tenir).

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    1. Qui es-tu Sweet rain..? De qui ai-je la chance de recevoir un si doux et chaleureux message ? Je sais pourtant pertinemment combien tu as raison, combien ton discours est sage et vrai… Mais j’ai tant de mal à vivre avec. J’ai si peur de me tromper, de passer à côté de cette vie. On en a qu’une et j’ai le sentiment que tout ce que j’ai fait depuis toutes ces années n’a été que destruction et échec…
      La route est longue. Ereintante. Je perds bien souvent ce si précieux espoir dont tu parles…

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