Dévulgarisons les Troubles du Comportement Alimentaire


En prévision de la semaine de lutte contre les Troubles du Comportement Alimentaire (communément abrégé TCA), j’ai décidé de vous parler avec mes mots, ma vision et surtout mon expérience de l’anorexie mentale qui me grignote depuis six ans. Déjà.

Je ne pourrai exprimer en mon nom « que » le trouble dont je souffre, mais les Troubles du Comportement Alimentaires regroupent, malheureusement, bien d’autres expressions de souffrance : boulimie, hyperphagie, orthodoxie, potomanie, la néophobie… Autant de gros mots que je vais tenter de dévulgariser afin de vous démontrer que ces manifestations de mal-être ne sont pas des fatalités bien que le fléau qu’elles infligent causent le décès chaque année de 15 000 personnes par an, essentiellement des femmes, mais également des hommes (1 cas sur 10 est de sexe masculin).

N’ayons plus peur des mots. Pourquoi dire « non voyant » alors que cet homme est aveugle ? Pourquoi se cacher derrière « Sans Domicile Fixe » alors que cette femme est une mendiante ? Pourquoi parler de « réussite différée » pour cet enfant qui est en échec scolaire ? Cette jeune fille, maigre, cadavérique, que seuls ses vêtement trop grands enveloppent son squelette, n’ayons pas peur de l’appeler « anorexique ». Ce n’est ni péjoratif, ni dévalorisant. Pas non plus inhumain ou méprisant. Juste la traduction du masque effrayant que l’on porte pour exprimer aux yeux de tous, par l’apparence extérieur, la déchirure intérieure.  Ce n’est qu’un mot que l’on a choisi pour endosser une souffrance. Combien de fois m’a-t-on « traîtée » de « sale anorexique », « cadavre ambulant », « sac d’os » et autres noms d’oiseaux plaisants ? Mais comment nommé autrement cette destruction massive à laquelle le monde extérieur assiste impuissant ? Ces maladies inspirent trop souvent dégoût, amertume et haine, mais l’anorexie n’est pas une fatalité. On ne naît pas anorexique. On ne meurt pas nécessairement anorexique. 50 % des malades en guérissent sans séquelles. On ne choisis pas le statut d’anorexique. Mais l’on décide de s’en débarrasser.

Les croyances enfouies qu’inspirent à ceux qui ne les connaissent que de nom l’anorexie, comme le harcèlement scolaire ou les violences conjugales terreur et répulsion mais ces idées préconçues doivent être abolies. Il faut en parler. Il faut Trop de cas sont passés sous silence. Trop de personnes contraintes de garder enfermée leur souffrance qui aurait besoin d’être extériorisée.

La parole aura été pour ma part la meilleure thérapie.

Vous qui souffrez, n’ayez plus peur du jugement, des réflexions.

Parlez. Vivez. En liberté.


6 réflexions sur “Dévulgarisons les Troubles du Comportement Alimentaire

  1. Superbe texte, comme toujours. Oui il faut en parler. Parler parler parler, pour se libérer. Personnellement, l’écriture m’aide aussi énormément. Il faut à tout pris extérioriser. Se guérir physiquement et psychologiquement de toutes nos peurs. On peut le faire.

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  2. « Sale anorexique », « cadavre ambulant » sont des mots violents, bien plus que le « cas social » attribuée à une amie proche !
    Vous auriez pu répondre que vous n’étiez pas sale.
    Cependant, le silence face à ce genre de réactions reste peut-être la meilleure solution.
    On ne maîtrise pas les regards des gens portés sur nous. Et ce qu’ils pensent est leur problème.

    C’est curieux que cette maladie inspire du « dégoût » ou de la « haine ».
    Personnellement, j’accepte dans mes amis toutes catégories de personnes à partir du moment où celles-ci ont l’esprit ouvert. Le physique n’est pas l’autre, le corps n’est pas une barrière.

    Apprendre à avoir du répondant, c’est aussi se respecter.

    Pensées affectueuses.

    Ps : je ne connaissais pas le terme « réussite différée ». Ma « réussite différée » est très loin derrière moi.

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    1. Bien d’accord, pourquoi cette maladie engendre t’elle tant d’incompréhension et si peu de compatie ? pourquoi met-elle les personnes si mal à l’aise ? en prononcer ne serais-ce que le nom est  » tabou « ….

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      1. C’est pour vulgariser la maladie, la rendre « accessible » et compréhensible que je me bats ! On va y arriver !

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