Stop au harcèlement


13,5 % des femmes et 10 % des hommes ont été l’objet « d’intimidations, de menaces ou d’humiliations ».
1 jeune sur 10 est victime de harcèlement moral.

Capture d’écran 2015-02-10 à 18.02.44

Comment avouer à ses parents que des méchants nous attaquent ? Que nous sommes la risée de toute la classe ? Le souffre-douleur, le jouet, la tête de turc, l’esclave. Que l’école est synonyme d’abattoir moral ? Que l’on est rabaissé, attaqué, persécuté, laminé mentalement au point d’avoir peur de prendre le chemin de l’école. Comment confesser que des tortionnaires nous anéantissent ?

Autant de maux qu’il faudrait pouvoir dire avant d’être poussé à commettre l’irréparable.

O comme je comprends tous ces enfants qui préfèrent taire le harcèlement moral qu’ils subissent à l’école, plutôt que d’appeler à l’aide. Plutôt que d’en parler « aux grands ». Parce qu’ils veulent « se débrouiller seuls », montrer qu’ils sont forts, qu’ils n’ont pas besoin de « papa-maman » pour les protéger. Mais surtout parce qu’ils ont peur en dénonçant leurs tyrans que les menaces s’accentuent.

Parce que je l’ai vécu. Parque je l’ai subi. Parce que moi aussi, j’ai été une victime, une de plus de tous ces bourreaux qui font régner la terreur à l’école, âgés de huit ans tout juste.

Comment est-ce possible vous dites-vous ? Comment des enfants peuvent-ils ne serait-ce que songer à cibler une proie et se défouler sur celle-ci jusqu’à son anéantissement. Mais dans quel monde vivons-nous ? Bon sang, où on-t-il eu une telle idée ? Quel neurone a sauté ? Quelle jouissance trouver à ridiculiser un enfant du même âge que soi ? Comment ne peuvent-ils se dire « est-ce que j’aimerais que l’on me fasse pareil »?

Alors, à qui la faute ? Aux parents qui ne savent pas « éduquer » leurs enfants ? Aux enfants qui n’écoutent pas leurs parents ? A l’école qui n’encadre pas les enfants ? Aux autres enfants qui s’entraînent mutuellement ? Aux victimes qui se laissent faire ? Faut-il des coupables ? Des victimes ? Des responsables ?

Je ne suis rien ni personne pour juger, dénoncer ou condamner. Mais si ma voix pouvait simplement être entendue par tous ces enfants, tous ces adultes, victimes, comme bourreaux. Si chacun d’entre vous, si

chacun de nous pouvait simplement réfléchir à la portée des mots que l’on a à l’égard des personnes qui nous entourent. Parce que l’on ne sait jamais à qui l’on s’adresse. On n’a jamais conscience de la valeur des mots que l’on emploie, ni de l’importance que la personne y accordera. Jusqu’à ce que l’irréparable soit commis. Le harcèlement cause 700 suicides par an chez les jeunes de 12 à 18 ans.

L’enfant construit son identité sur ce qui lui est enseigné à l’école, les valeurs qui lui sont inculquées. Mais que retenir de cette éducation si elle est constamment entachée par des insultes, des humiliations, des injures proférées par les autres élèves ? C’est ainsi que l’enfant, devenu proie aux attaques pernicieuses et perverses, commence à se fermer aux autres. A s’isoler. Il devient distant. Les parents, impuissants, ne comprennent pas pourquoi leur « rayon de soleil », d’ordinaire si joyeux, ne parle plus, ne ri plus, ne sort plus. L’enfant est susceptible, se braque à la moindre réflexion. Il a développé un système de défense qui le protège de toute attaque extérieure. Il a peur. Il n’essaie même plus d’analyser la nature de paroles qui lui sont adressées. « Encore une moquerie, une réflexion » se dit-il accablé. L’enfant n’a plus la force de se débattre, de se défendre. A l’école il a essayé pourtant de répliquer, mais ils ont ri narquoisement plus fort que d’habitude. Et ça m’a fait encore plus mal. Me taire ne suffit plus. Je dois disparaître se dit-il. Et puis,

qui le remarquera ? Sa détresse est passée sous silence. Personne ne le comprend. Personne n’est en mesure de l’aider. Il perd confiance en lui, en ses capacités. Il perd espoir en la vie. C’est ainsi que dans les cas les plus graves, certains trouvent une solution, la solution finale, celle du suicide.

Offrons la possibilité aux victimes, comme aux tyrans, à tous ces gens qui souffrent de se libérer de leurs maux qui les emprisonnent et les maintiennent dans des rôles qui ne sont que des masques, que des statuts.

J’ai été victime durant toute mon enfance. A dix-sept ans, je suis toujours la proie des bourreaux. Il est temps que cette domination qui règne à l’école, au lycée, au travail cesse. Le harcèlement scolaire, comme professionnel ne peut être un moyen de manifester une supériorité. Il n’y a, dans le milieu professionnel, comme scolaire, aucune supériorité mentale à affirmer. Nous sommes tous égaux et libres.

La liberté d’expression ? Oui. Avec respect et intelligence.

Il n’y a pas d’âge pour souffrir de harcèlement. Les pervers narcissique dans les entreprises sont trop nombreux. Tout comme les petits dictateurs dans les écoles. STOP AU HARCELEMENT !


5 réflexions sur “Stop au harcèlement

  1. Les plus jeunes, comme parfois les moins jeunes, peuvent être parfois cruels. N’hésitez pas à vous tourner vers vos professeurs ou tous les adultes qui pourraient vous écouter et vous aider. Vous n’êtes pas seule et vous ne devez pas vous sentir isolée.

    J'aime

  2. Joli article, bien alimenté.

    La perversion narcissique commence dès la maternelle. Les prédateurs repères déjà leurs proies. Adultes ils font des ravages.

    Il paraît qu’un certain nombre de surdoués a déjà rencontré un mpn. Comme si ces derniers ne pouvaient pas l’être. J’en ai l’intime conviction.

    Parce que prendre l’ascendant sur ses pairs en lui disant « tu es idiot » sous-entend qu’on est plus intelligent.
    Ces diables s’entourent de complices (des larbins) des l’école. Ils sont tous dépourvus de sens critique et de sensibilité.
    Il faut en effet etre opaque pour faire du mal de façon répétée et gratuite.

    Le harcèlement scolaire (pas que – on s’entend) reste à mon sens une des plus grande besogne au niveau national.

    La moindre petite différence est propice à des moqueries : sensibilité exacerbée, ado peu porte sur les vêtements de marque, surdouée ou sous-doués, port de lunettes, surpoids, strabisme et j’en passe…
    Etre considere comme étant « en marge » de la société d’une quelconque façon (ne pas rentrer dans les normes absolues qu’elle nous impose) engendre nécessairement à un moment ou à un autre des railleries.
    Ne pas etre ou paraître comme nos semblables c’est s’exposer au rejet.

    Le harcèlement scolaire ou moral (confère les manipulateurs pervers narcissiques pour ne pas les citer) laisse des séquelles.
    Cependant, ces étapes peuvent permettre de se prémunir contre le harcèlement et de s’affirmer. Ne pas « assumer son agressivité » fait de nous notre propre bourreau. Il faut trouver le bon dosage pour pouvoir s’affirmer.

    Je crois aussi que le savoir fait autorité, le savoir est un pouvoir : quand vous parlez vous captez l’attention, lorsque vous publiez un article circonstancié des âmes sensibles vont vous lire (ok on oublie les pn qui vous trouveront minables ).

    Il faut du temps pour panser ses blessures liées au harcèlement moral et/ou scolaire. Une cicatrice restera toujours présente.

    La réflexion guérit les blessures.
    Quant à vos détracteurs ils sont peut-être jaloux et/ou incurables.

    Au plaisir d’échanger avec vous à Paris lors d’une prochaine rencontre littéraire.

    J'aime

  3. « N’hésitez pas à vous tourner vers vos professeurs qui pourraient vous aider. »
    => non mais lol. Quand j’ai été anorexique à mes 19 ans une prof m’a prise comme tête de turc. En effet j’étais assez faible et si jusqu’au bac j’ai toujours eu les félicitations j’ai planté mes études post-bac car j’étais épuisée mentalement par toutes ces pensées alimentaires obsédantes donc difficile sur long terme de mémoriser des choses quand vous pensez tout le temps à ce que vous allez manger quand vous vous autoriserez « votre repas ». Je pesais 35kg pour 1m65 et mes notes ont chuté quand j’ai commencé à être trop faible car je n’avais plus d’énergie j’étais épuisée et je n’ai pas été hospitalisée car j’étais majeure..

    A l’époque j’ai arrêté mes études car je n’étais pas en état et j’ai pris un job pour m’aider dans le domaine du diplôme que j’avais arrêté et cette prof est allée baver sur mon dos. Donc désolé de vous dire que certains enseignants (mal dans leur peau comme c’était le cas de cette personne qui a eu le malheur de se trouver sur ma route) sont fondamentalement malveillants avec les anorexiques. Pour cette prof comme je n’avais plus de bonne note (normal j’étais gelée et je n’avais plus d’énergie) m’a prise en grippe.

    Au lycée je n’avais pas de problème (j’ai eu 17 à mon bac français) ma vie a basculé quand je suis devenue anorexique après mon bac. et pas de soutien. Mon médecin pensait que c’était une pathologie d’adolescent donc ne m’a pas du tout comprise à l’époque. Je pense sincèrement que les généralistes et professeurs ne sont pas à même de comprendre cette maladie. Ils ont une vision « caricaturale » de cette maladie. En effet pour cette prof j’ai été anorexique « pour me faire remarquer » Genre vous pensez qu’une personne perd 15kg pour se faire remarquer ? c’est un peu fort quand même de penser ainsi.

    Donc sincèrement cette maladie est incomprise et les généralistes ne sont pas adaptés pour traiter ce problème. De nombreuses personnes n’y voient qu’un problème alimentaire et ne vont pas chercher les causes sous jacentes qui sont souvent des problèmes latents cumulés pendant des années pendant notre enfance qu’on a refoulés et qui explosent à l’âge adulte. L’anorexie n’a rien à voir avec la nourriture c’est un mal de vivre.

    J'aime

    1. Oh ! Qu’est-ce qui te laisse penser cela ma belle ? Excuse-moi, j’ai dru ne pas voir l’un de tes commentaires ?

      J'aime

Un mot de soutien ? Une parole reconfortante ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s