Est-ce de la vie dont j’ai peur ?


Ce n’est pas tant la vie qui m’effraie. Ce qui me tétanise c’est de ne pas avoir le temps d’accomplir tous mes rêves.

Tant de choses à faire et si peu de temps pour les réaliser. Le temps défile inéluctablement. La fin de l’année approche à pas de géants. J’ai du mal à comprendre le sens de la vie en général. Toujours l’impression d’être à contre-sens. De mener une vie parallèle. D’être incomprise dans un monde où ma Terre tourne à l’envers. Où le soleil brille en hiver. Où la neige inonde les mers. La pluie comble les déserts. Un papillon parmi tant d’autres animé par l’espoir d’une vie meilleure. En quête de contrée où l’air serait respirable. Où l’oxygène ne serait pas toxique. Le papillon désillusionné qui espère pourtant que le déploiement de ses ailes le transportera au cœur d’une vie où la haine n’existe pas. Où les maux ne blessent pas. Une utopie sans doute. Un monde qui n’existe pas autre part que dans son imagination désenchantée par l’amertume du quotidien. Le frêle papillon devenu indifférent. Désappointé de devoir renoncer à la légèreté de ses envols que le temps a emporté. L’insouciance qu’il avait apprivoisée en flânant au dessus des nuages. En passant au travers des gouttes de pluie. Son bonheur implacable anéantissait tout ce qui aurait pu l’ombrager. Maintes fois mis à l’épreuve il n’a jamais flanché. Jamais il n’a abandonné l’espoir qu’après la pluie le beau temps reviendrait inexorablement. Pas une fois il n’a douté de ses capacités à surmonter les contre courants, les tempêtes, les torrents. Depuis combien de temps n’a-t-il pas seulement essayé de déployer ses ailes pour un simple virevoltement ? C’est dire. Lui qui ne reculait devant rien ne s’essaie pas même à sentir le doux parfum du vent revigorant sur ses joues tant il craint que la confrontation soit fatale. Pourquoi se risquer à braver les foudres de l’ennemi lorsque l’on sait qu’il nous anéantira d’un simple regard. Qu’il profitera de l’absence d’un demi souffle pour attaquer sauvagement et blesser davantage la brindille déjà atterrée. Terrassée. Engloutie. La brindille qui a abdiqué face à tant d’adversité. Qui n’a eu d’autre choix que de courber le dos aux ignobles velléités de son impitoyable majesté. Elle déguste sa victoire et prolonge la sentence finale jusqu’à la dernière bouchée.

Le temps passe et ses fers se resserrent. Ses forces s’amenuisent. Son corps égratigné se consume et plie sous l’autorité de la toute puissante. Sa tête pesante. Si lourde prête à s’écrouler sur le sol. À bout de force, elle renonce. Elle abdique. Capitule. Repliée sur ce voile décharné qui feint de protéger ce qui lui reste de chair. Cette étoffe si mince et pourtant si étouffante qui recouvre son âme aigrie et englobe son cœur givré. Ce masque enivrant qu’elle porte pour taire sa torture intérieure. Ces protections qui semblent la protéger en apparence mais qui entraînent en réalité sa chute imminente.

Le soleil brille mais il est aussi noir et obscur que le sang qui ruisselle dans ses veines. Le jour se lève mais il est aussi sombre et ténébreux que la souffrance qui tourmente son esprit. Sa douleur est en un point si haut que ses attraits lui en sont devenus charmants.

Finalement, c’est bien de la vie dont j’ai peur.IMG_1285


6 réflexions sur “Est-ce de la vie dont j’ai peur ?

  1. Tu sais, le vrai papillon ne vole jamais au dessus des nuages car il est très pragmatique et il sait très bien que c’est très au dessus de ses moyens. Sa vie est par ailleurs bien trop courte pour qu’il se pose autant de questions. Toi, en revanche, tu peux imaginer de faire tout ce que tu penses que le papillon voudrait faire, ou alors… choisir de faire comme lui, en vrai : vivre ta vie de p’tit bout de femme. A défaut d’accomplir tous tes rêves ce qui a en soi quelque chose d’effrayant j’en conviens, t’efforcer d’en atteindre sinon d’en approcher quelques uns. Qu’en dis-tu ?

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  2. Courage ma belle ❤ La vie est un combat, je le sais bien. Mais c'est un combat que l'on peut remporter. Tu es si forte, si courageuse. La vie est effrayante, mais vaut la peine d'être vécue. "La vie est un défi. Relève-le" a dit Mère Térésa. Elle avait raison n'est-ce pas ? L'anorexie est une pourriture, s'en débarrasser est le plus beau des combats. On y arrivera ma belle. J'y crois.

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  3. Courage ma jolie ! Moi aussi j’ai très peur de la vie et pourtant je sais à quel point elle peut nous réserver de belles surprises. Certes, certains jours ou certaines nouvelles sont très difficiles à surmonter mais il faut trouver la force de le faire pour goûter encore plus pleinement à tous les petits bonheurs quotidiens que tu décris si bien. Tu possèdes une plume magnifique Alexia ! Sers-t’en pour affronter tes démons. La vie du papillon est éphémère. La tienne et la mienne aussi. Mais nous devons profiter au mieux de ce temps ridicule qui nous est donné pour réaliser nos rêves. Cette maladie nous prive de nos ailes, de notre liberté. Ne fais pas comme moi ma belle, ne te réveille pas un jour à l’aube de tes 30 ans en te disant que tu as consumer plus du tiers de ta vie à ne pas vivre. Nous n’avons pas choisi la maladie. Nous ne pouvons pas choisir de guérir. Mais nous pouvons choisir de nous battre, et de croire à la guérison. Nous pouvons choisir de dire OUI à la vie !

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