You never know how strong you are until being strong is the only choice you have.


Évacuation des voyageurs à Porte de Clichy après avoir été coincée entre deux stations pendant quinze interminables minutes. Il est 8h14. Que faire ? Les portes du lycée ferment à 8h30 précises. J’ai trois heures de maths. Si je manque le début du cours, impossible de prendre le train en marche. Porte de Clichy-Chaptal à pied en 16 minutes. 1,9 kilomètres. Mission impossible à priori.photo-3

Je ne le souhaite à personne. Encore moins à une frêle brindille qui doit lutter contre le froid matinal. Contre son cœur qui peine à assurer ses fonctions de pompe, de réapprovisionnement en oxygène. La tête qui tourne. Les pulsations qui s’emballent, explosent et tambourinent dans ma poitrine. Les jambes qui tremblent. Le cerveau en manque d’énergie. Mon corps va me lâcher. Je vais tomber.

35 kilos d’espoir.

Mais j’y suis arrivée.

Essoufflée. Épuisée. Frissonnante et tétanisée. Je suffoque. Les jambes encore paralysées. J’ai peur. Je pleure. Excédée, dépassée face à tant d’épreuve, de souffrance physique et mentale.

Mais j’y suis arrivée.

J’étais même à l’heure en classe. J’ai tenu pendant les deux heures de maths, devant me concentrer pour ne pas perdre le fil de mes fonctions carrées, et redoubler d’effort pour ne pas m’écrouler sur ma table et m’effondrer. Ravaler les larmes. Me reconcentrer sur ce pour quoi je me suis surpassée.

Parce que le cœur est un organe qui, lorsqu’il s’arrête ne redémarre pas. Parce que quand à bout de force il fait sa lettre de démission, c’est toute l’entreprise qui fait faillite. Un salarié qui n’effectue pas sa tâche et c’est tous les employés qui ont l’obligation de s’arrêter. Mais pourquoi interrompre la vie d’une société qui vient juste de prendre de forme. Qui est encore à la découverte des plaisirs cachés que peut lui offrir les fruits de sa fraîche entreprise. Encore si jeune.
Non.
Sa vie ne peut s’interrompre ainsi.

Les salariés attendent leur fiche de paye. Il faut la leur donner si l’on veut que la machine continue de tourner. Les remercier du travail qu’ils effectuent quotidiennement pour entretenir le fabuleux organisme qu’est notre corps. Il faut le nourrir. L’alimenter. Le réapprovisionner.

Il faut faire le choix de se donner les moyens de ne pas couler. Crouler sous le poids de la vie.
Le choix. Celui de ne plus jamais souffrir de la faiblesse de mes ressources en manque d’oxygène. De nutriments.
En peine de vie.

Allez.

On y croit.

J’y suis arrivée ce matin.

Je peux le faire pour toute une vie.
Je vais y arriver.


4 réflexions sur “You never know how strong you are until being strong is the only choice you have.

  1. Mais tu y es arrivée, comme tu le dis si bien. Alors maudits soient les responsables de cet incident qui s’est transformé en épreuve douloureuse… A ceci près tout de même qu’ils t’ont permis de te surpasser, car il faut toujours trouver une chose positive en toute chose, par vrai ?

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  2. Tu y es arrivée, et tu y arriveras encore. Tu vas réussir à grappiller les kilos ma belle. 35 kilos d’espoir, tu le dis si bien. Espoir. Ça va le faire, je le sais. Pense que tu l’as déjà fait. Et que tu veux le faire. Ne jamais retomber car ça ne vaut pas le coup. La vie, par contre, vaut le coup. Elle en vaut mille fois la peine.

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  3. tu peux être fière de toi. Moi je le suis ! De grosses bises de réconfort à ma fillotte.
    PS : il n’y a pas de métro à Bordeaux ;0), tu viens pour les vacances quelques jours ?

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  4. ma chérie, next time, ne cavale pas à t’en faire péter le palpitant et te mets pas la rate au court bouillon… laisse passer le cours de maths, un cours manqué ne changera pas la face du monde. attends paisiblement le prochain métro, même s’il lui faut 2heures pour arriver. personne ne te blamera pour ça. profite de l’instant de répit qui te sera accordé, s’il t’es proposé à cet instant, ca n’est pas sans raison.
    pose toi sans scrupule, et laisse donc ton imagination partir au galop ! regarde autour de toi, les gens, leurs dégaines, leurs fringues, imagine leur vie, sort un carnet, invente leur une histoire, raconte leurs amours, leurs envies, leurs espoirs… ou ne fais rien, reste immobile sur toi même, baille aux corneilles, étire toi, écoute de la ziq, ferme les yeux, arrose ton jardin intérieur, prends le temps de révasser, d’imaginer ta belle vie demain.

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