J’ai encore rêvé d’elle.


Elle était belle, souriante, radieuse. Elle sentait bon. Comme dans mon souvenir. Sa présence réchauffait mon coeur. J’étais bien tout simplement. Parce qu’elle était près de moi. Parce qu’auprès d’elle rien n’avait plus d’importance que nous soyions toutes les deux. Parce que son coeur était plus grand que tout son être. Ses mots, toujours justes pour apaiser mes maux. Tout ce qu’il me reste sont les larmes désespérées que je verse en repensant au temps que je n’ai pas passé à ses côtés. Ces larmes douloureuses, pleines de regret, d’amertume. Pourquoi fallait-il nous séparer ? Pourquoi la vie ma l’a-t-elle ôtée ? Il me suffisait d’entendre le son de sa voix pour retrouver le sens de ma vie. Parce que ma vie sans elle n’a jamais existé. Parce que ma vie n’a aucun sens en son absence. C’était elle qui éclairait la route que je devais suivre. Je l’aimais d’un amour que je ne porte à personne d’autre qu’à ma Maman. Jamais je n’avais pu imaginer ma vie démunie de sa présence. C’aurait été comme de songer à vivre orpheline, dépourvue de l’amour essentiel, de l’amour maternel. Parce que sa vie et la mienne c’était une évidence. J’avais tant de choses à te dire. Tellement de choses à t’écrire. Tant de moments encore à se regarder et simplement se sourire. Ne pas prononcer la moindre parole parce qu’il suffisait que nos regards se croisent pour que de la puissance de nos sentiments jaillisse tel un feu d’artifice de nos coeurs à travers nos regards qui se confondaient pour ne former qu’un et regarder tout là-bas vers un avenir que jamais je n’avais imaginé sans toi. Tout ce qu’il me reste de toi aujourd’hui sont les souvenirs. Ceux que je garde précieusement. Ceux que j’ai peur d’oublier. Terrorisée à l’idée qu’ils s’effacent. Se volatilisent aussi rapidement et subitement que toi tu t’en es allée. Je voudrais pouvoir les revivre encore et toujours. Chacun de ces moments dont je n’ai plus que des images. Celles inscrites dans ma mémoire qui au fil des jours se ternissent un peu plus et que j’essaie malgré le temps qui passe de garder intactes. Crois-tu que les souvenirs s’effacent ? Je pouvais tout te demander. Je pouvais tout te confier. A chacune de mes interrogations tu avais une réponse à m’apporter. Jamais à mes yeux tu ne faiblissais. Tu as toujours été exactement telle que je n’aurais jamais pu l’espérer. Chaque jour je remerciais Dieu de m’avoir fait cadeau de toi. Tu vois, j’aurais tout fait pour toi, même croire en Dieu, parce que je sais combien tu étais dévouée à ce grand monsieur. Je me sentais en sécurité. Près de toi, rien ne pouvait m’arriver. Comme abritée par l’immensité de l’amour que nos deux coeurs formaient, j’aurais résisté près de toi à n’importe quel tsunami. Aucune tornade ne m’aurait emportée parce que de la force de notre amour, la richesse de nos âmes, aurait affronté les plus grands déluges. Nos deux sourires auraient suffit à essuyer toutes les peines du monde. Nos deux mains réunies à soulever les plus hautes montagnes, retourner des déserts, à repousser des océans. Parce que toutes les deux on était invincibles. Mais sans toi… Que suis-je ? Que devient le majestueux Tournesol sans Soleil pour l’éclairer, l’illuminer, le faire tournoyer ? Inévitablement il s’épuise, il à soif, il a faim… Il fâne… Parce qu’un soldat désarmé, seul sur le front, sans sa troupe, ne peut faire face au redoutable ennemi qui s’oppose à lui. Il ne peut résister à l’appel de l’abandon que lui sifflent le chant des mitraillettes. Capituler, abandonner, se livrer. Voilà ce que fait le soldat quand il a perdu son plus grand allié.

Toi sans moi, c’est comme le désert sans sable, Shirley sans Dino, la forêt sans arbre, un livre sans mots, une poésie sans rime, une chanson sans parole, une vie sans amour, un océan sans eau, une montagne sans neige, une fraise sans chantilly, une rose sans pétale, un cactus sans épine, une averse sans goutte, un orage sans tonnerre, un baiser sans amour, un amour sans plaisir, un rêve sans magie, un oiseau sans ailes, un ciel sans étoile.

Pardonne moi si je t’ai déçue. Excuse-moi de m’être écroulée. D’avoir lâchement abandonné. Mais comment sans toi aurais-je pu continuer à affronter les démons que nous avions toujours abattus toutes les deux ? Je ne sais plus où aller. J’ai perdu la lumière. Je me suis égarée. J’aurais voulu retrouver ma route, la notre. Et j’ai tout essayé en espérant un jour renouer avec la force que tu me procurais. Mais aujourd’hui encore je peine à la rencontrer de nouveau. Je ne sais pas où chercher. Je ne sais plus à qui m’adresser. Vers qui me diriger pour espérer retrouver un soupçon de sécurité, un brin d’insouciance, une larme de confiance… 

Continue de t’inviter dans mes rêves. Ne t’arrête jamais de venir toquer à la porte de mon inconscient. Je saurais me contenter de te retrouver, même si ce n’est qu’illusion, le temps d’une nuit. Tu auras jusqu’à mon dernier soupir une place aussi grande que la voie lactée. Celle qui t’es réservée. Celle que tu as toujours occupée. Je n’y crois pas trop au Grand Monsieur là-haut, mais je m’accroche à l’espoir qu’un jour, toutes les deux, on se retrouvera. Là-haut. Là bas. Qu’importe. La route par laquelle je passerai ne sera sans doute pas celle que j’aurais empruntée si j’avais été à tes côtés, mais, je sais que où que j’aille ta main sera dans la mienne, ton regard dans la même direction que le mien, et nos deux coeurs, ne formeront qu’un.

Je t’aime Mamie.


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