Passager clandestin à bord


J’ai mal au coeur. Mon esprit à mal. Ils souffrent autant que moi je souffre. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Rien ne va plus dans cette foutue maison. Plus personne ne va. Ma soeur souffre mais ne le dit pas : elle s’éclipse. Mon beau-père ne sait comment réagir : il ignore. Maman en a ras le bol de cette situation : elle gueule sur tout le monde. Moi… J’ai mal : je me fais du mal. Piètre tableau. J’en espérais pourtant tant de cette sortie de l’hôpital, ce retour à la maison, à la vie réelle… Quelle déception de voir que tous les quatre, ensemble, NOUS ne parvenons pas à aller bien. La vie ici est tellement compliquée. Persécutée, j’étouffe, je me noie. Comme si un imposteur s’était invité sur notre bateau et m’avait jeté à l’eau… Impossible pour moi de remonter à la surface. Je coule. Plus lourde qu’une ancre jetée à la mer, je m’enfonce dans le grand bleu, quelques bulles parviennent à sortir de ma bouche, signe d’espoir, mais mes pieds ont touché le sable granuleux. Des poissons caressent mes jambes nues. Je m’effondre. Je ne sais pas si je veux remonter. Je me complais dans ce coma. Ce répit que je m’offre. Cet instant paisible, décrit ici comme le paradis, qui s’avère en réalité être ma mort. Mon sommeil prolongé.

Mais je ne veux faire face à la si dure réalité qui est que plus rien ne va. Maman, se noie aussi. D’ordinaire compréhensive, aimante, douce, calme et gentille. Tout son contraire me fait face ; elle laisse volontiers place au sarcasme, la méchanceté, la haine. Elle explose. Sature totalement. ! Alerte à la bombe ! Je déteste tellement ce contexte de vie que je n’ai qu’une envie : M’échapper. Partir loin, là où personne ni rien ne pourra m’affecter. Là où calme, sérénité et paix sont rois. Je connais cet endroit. Il existe, un train pourrait m’y conduire, je pourrais partir. J’y pense souvent à m’en aller chez Mamie. A Lyon où je vivrais sereinement, en attendant que l’orage, la tempête, le tsunami passent. Le temps pour moi de me reposer, d’aller bien, de me concentrer sur moi-même, sur ma vie. Et avancer doucement mais sûrement. Qu’en dis-tu ? En attendant de prendre une décision, je dois malheureusement faire face à mon désespoir. Je ne sais plus vers qui me tourner. Peut-être devrions-nous nous réunir, parler sereinement. Je vais leur proposer cela… Au très grand risque de me faire envoyer balader… Je n’ai rien à y perdre. Un peu de méchanceté, de sarcasme à y gagner !!

Tout ceci n’arrange en rien mon moral, accroît mon désespoir. Je continue mes efforts pour ne pas craquer. Si tu savais combien ça me coûte de tenir bon. De ne pas écouter PetitPoids qui me dicte tant de mauvaises choses…

Je n’abandonne pas et continue la bataille. Avec ou sans Maman à mes côtés je continuerai de me bagarrer !!


4 réflexions sur “Passager clandestin à bord

  1. Alexia, j’ai lu et relu les maux douloureux engendrés par ce Passager clandestin. Il te plombe le moral, te noie dans les pensées sombres, envenime l’atmosphère et te fait couler. Couler de l’encre aussi, une écriture force vive à laquelle tu dois t’arrimer. Comme tu le sais, les mots sont pleins d’images, de sonorités et de sens cachés. Il y a l’encre et l’ancre, la mère et la mer, l’équipée avec soi et « l’affection » à double signification, tantôt amour, tantôt souffrance. Ma chérie, ce que que tu veux en ton Fort Intérieur est écrit entre tes lignes. Tu en rêves et tu l’exprimes. Sache que je suis à tes côtés. Ce Passager clandestin n’aura pas le dernier mot… Nous allons le faire passer par-dessus bord et le faire couler, lui ! Dans cette lutte sans merci, je te propose d’être plus qu’un moussaillon : le cannonier qui tire sur l’ennemi à coup de canons et le maître-calfat qui veille sur la coque du navire et à sa résistance afin qu’il ne chavire pas et garde toujours le cap.

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    1. Ma très chère Wally, le poste de maître-cannonière te va à ravir, on ne pouvait rêver meilleure ni plus fidèle membre d’équipage. Le poste de maître calfat est quant à lui déjà occupé par Himself H1GéniHeur, et oui il veille sur la coque du navire, sa résistance, voire son étanchéité, son équilibre, sa direction, le vent, la houle, le fioul, le ravitaillement, l’entretien, la maintenance… j’en passe et j’en oublie des meilleures, sans doute. Enfin tu le connais, il dit rien, ni ici ni ailleurs, mais il assure grave quoi !

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  2. belle rade apaisée en baie de l’isle ….mes grands bras tout meg sont grands ouverts !
    bises à ma fillotte

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