Il faut trouver la volonté…


Ce soir, alors que je t’écris, que tu me lis je suis partagée. Je ne sais trop par où commencer ; comment commencer. Hier soir j’ai pleuré, beaucoup pleuré, beaucoup angoissé, je n’ai pas réussi à tenir la porte du placard des sentiments oppressants fermée à clé. Maman m’a apaisée comme elle sait si bien le faire. Parce que j’étais triste. Triste de réaliser que l’école m’effrayait. Lycée que j’aime pourtant tant. Cours auxquels j’ai tellement rêvé d’assister. Mais, qui aujourd’hui me font peur, me tétanisent, me mortifient. Parce que… eux, ils ont déjà fait deux mois et que moi pas. Parce que eux, ils savent des choses que moi je ne sais pas. Parce que eux sont en forme et que moi pas. Parce que un millions de choses qui font que je me retrouve face à une montagne incroyablement gigantesque. Ils ne me restent plus qu’à la gravir, petit à petit, doucement. Mais tout me paraît inatteignable, impossible. J’ai pourtant des ressources pour la monter… Mais je doute de mes capacités… De mes compétences, de ma force. L’anorexie me fait douter, me dit que je suis nulle, que je n’y arriverai pas, jamais. Pourquoi me parle-t-elle tant ? Pourquoi sa voix a-t-elle tant d’impact sur moi, mes choix, ma vie entière. Je ne veux plus la laisser être mon maître. Heureusement Maman m’a consolée, m’a rassurée. Exactement ce dont j’avais besoin. Ses mots si justes, si légers. Ses mots de maman. Elle m’a écris une si belle, douce, gentille, réconfortante lettre. Pleine d’un succulent cocktail d’amour, de force de courage, de volonté. Cocktail qui m’a fait pousser des ailes. Plus besoin de grimper la montagne à pieds. Je vais voler, je peux voler de mes ailes rayonnantes, flamboyantes, radieuses, merveilleuses. Après m’être endormie paisiblement emmitouflée dans ma couette contre maman sur le canapé, elle m’a portée de ses bras et sa douceur de Mamoune jusqu’à mon lit. Nuit agitée. J’ai mal dormi, j’ai fait des rêves. Ce matin je n’ai pas mis mon réveil pour aller en cours. Trop de pression… Trop de stress. J’ai su dire STOP ! Je n’irai qu’en maths. Je passe donc la matinée à la maison. Pas besoin de grand chose pour m’occuper (bizarre?!). Je fais mes maths, lis mon français. Travaille, encore et toujours… La barre est trop haute. Bien trop haute. Je ne parviens pas à l’abaisser. Et me voilà partie pour retrouver mon lycée. Je mange à la cantine, à 13h15 (gros progrès…) et attends Maman dans le bureau de la CPE. Il y fait si chaud à côté du froid hivernal dehors. Quelques degrés proches du zéro à côté du chauffage brulant… Bilan de la semaine… Stress… STress… STRESSSSSS !!! C’est déjà l’heure d’aller en Maths. DST surprise… SUPER !! Mais je n’angoisse pas, je n’ai pas peur. Je me dis que ce n’est qu’un « petit » test. Emma me rassure un peu. Elle est si gentille. Le devoir s’est (bizarrement) relativement bien passé. J’ai fait ce que j’ai pu de toute façon… Mais ressentir que je n’étais pas qu’un mollusque incapable de quoi que ce soit, c’est bon, et ça fait du bien… Ca soulage, apaise un peu. Je me précipite pour rentrer à la maison et Emma m’interpelle, me dit que mon blog lui plaît. Ca me fait plaisir. Très. D’ailleurs, Lecteur, si tu me lis, laisse un petit commentaire pour que je sache qui tu es, et dis moi si mes mésaventures te… plaisent ?!!

Thomas était là. Dans le métro. J’ai senti sa présence tout près de moi pendant ces quinze minutes (interminables) de trajet. Thomas c’est compliqué, très compliqué, trop compliqué. Tu comprendras bientôt… J’ai froid. Le radiateur ne suffit pas. Le sèche cheveux ne parvient pas non plus à réchauffer mon petit corps. C’est là que je me rends compte que je suis faible. Que je ne dois pas être bien grosse pour ressentir à ce point le froid à travers mes nombreuses couches de vêtement. Oui sans doute, si seulement l’anorexie me laissait l’entendre. Si seulement j’avais conscience de toute ces choses que l’anorexie ne me laisse pas même entrevoir… Mais c’est si dur de concilier le lycée, la nourriture, l’anorexie, la maison… J’explose !!!!

A la maison ça ne va pas. On n’arrive pas à être fort ensemble, ma soeur et moi, à se soutenir. Pourtant on a mangé toutes les deux. Toutes les deux on a parlé, on a rigolé. Comme les soeur que l’on devrait être et que l’anorexie ne me laisse pas être. Des soeurs si complices, si heureuses.  Je réalise en écrivant tout ce dont l’anorexie me prive. Tout ce à côté de quoi je passe en gardant cette anorexie avec moi. En lui laissant prendre la place qu’elle prend. Je veux me libérer. Je veux vivre. Ce soir j’ai des peurs, des angoisses. Comme toujours te dis-tu… Oui je sais, mais j’y crois, je crois que je peux les combattre et vaincre toutes ces appréhensions.

Mon mot d’ordre… Courage. Je m’endormirai sur cette douce pensée et sur ces mots…

Tu peux avoir la certitude, inébranlable, indestructible, inaltérable de l’amour que je porte, depuis l’instant où je t’ai désiré jusqu’au dernier souffle de ma vie humaine et encore au-delà. Je t’aime Alexia.

Maman


23 réflexions sur “Il faut trouver la volonté…

  1. Moi, je te lis chaque soir. J’ai ainsi la certitude que tu fais de ton mieux, tu luttes pour gravir l’immense montagne, et tu y arrives progressivement, la route
    est longue, Maxou,
    prends ton temps. Chaque petit pas est une victoire, je suis fière de toi.
    je t’envoie une semi remorque de baisers et de calins, te quiero. tatie M.A

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  2. Moi je te lis , je te lis tout les jours , on ne se connais pas vraiment , on c’est vu plusieurs fois etant plus petites , et encore quelques fois … Mais je prends souvent de tes nouvelles par Marie Ange et tes cousins afin de savoir comment tu va , comment tu t’en sors d’en ton combat , puis je suis tombée sur ton blog … Sa me fait de la peine , tellement de peine de voir ce que tu endure jours après jours , mais je vois que tu es une battante , je suis sur que tu peu y arriver , je ne te connais pas beaucoup mais j’ai confiance en toi , tu t’en sortira tu vaincra cette maladie ! Elle peu pas te prendre ta jeunesse , ta vie ! Tu dois la mettre au tapis ! Alors continue de te battre comme tu le fais … Je t’envoi mille bisous , et je t’envoi un wagon de courage ! ♥

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  3. Bravo continues de te battre et d ‘écrire ! Je suis de tout cœur avec toi ! Sois plus forte que la vilaine voix qui est en toi ! Je suis sûre que tu vas y arriver !

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  4. Je me rends compte en te lisant que je suis bien encore fragile…pcq moi ma mère me manque bcp trop…Mais là c’est de toi dont il s’agit. Tu es pleine de courage et en te lisant je ressens Ce désir de vivre que tu portes si fort.
    Ta soeur est comme elle est, parfois c’est difficile de soutenir les gens qu’on aime plus que tout, parfois on ne les comprend plus. Mais au détour d’un regard, d’un mot, d’un geste on reste présent autour d’eux. Ne t’angoisse pas pour ça ta soeur elle est ta soeur elle restera pour la vie. Vous vous retrouverez c’est certain, mais seulement quand vous serez prêtes en attendant profite de ces repas à deux et des pauses entre deux prises de tête ;).
    Garde ton courage pour combattre la VOIX.

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  5. Bonjour Alexia,
    C’est une belle démarche d’écrire et de partager tes pensées les plus intimes, douloureuses mais pleines d’espoir aussi, je le crois.
    Bravo pour ton courage, tes mots, ta démarche. Tu me connais, je suis la maman de Justine et une amie de ta maman.
    J’ai envie de te dire une chose : ne te mets plus jamais la barre trop haut, laisse venir les choses, apprécie ce qui vient et ne te juge jamais mal . Il y a dejà assez faire à se protéger de l’extérieur alors si en plus tu doutes de toi, tu imagines ?? C juste pas possible.
    En même temps, il ne faut pas ^tre insatisfaite ouse dire en secret qu’on aimerait bien être quand même un petit plus heureux . Il faut apprendre les imperfections du bonheur, comme le dit Tab Ben Shahar , dans son livre  » l’imperfection du bonheur ». Si tu as le temps à noël , lis ce livre qui est facile et agréable et directement applicable dans la vie de tous les jours. C’est une bonne béquille que ce bouquin.
    Reprends des forces en faisant des choses que tu aimes , ne culpabilise pas si tu ne vas à tous les cours. On apprend pas bien si l’on se sent mal. Tu apprendras à l’école quand tu auras envie !
    Je sens que tu es sur le bon chemin, il faut aussi laisser le temsp au temps. Ne te brusque pas et profite d’abord.
    plein de bisous et à ta mum aussi.
    Anne et Justine.

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    1. Anne, Justine, votre message m’a sincèrement touchée. Ce que tu me dis là, c’est vrai, beau, pur, doux, tout ce dont j’ai exactement besoin. Merci à vous. J’espère vous revoir. Vite. Je vous embrasse très fort. Alexia

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  6. Bravo pour ce texte très bien écrit et très juste. On sent tellement d’émotions…
    Je salue ton courage de partager avec nous ces moments difficiles que tu vis, et je pense que grâce à tes textes, tu peux aider beaucoup de monde et les encourager à partager sur cette foutue maladie.

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  7. Salut Alexia, je lis ton blog depuis le début et même si tu ne veux plus me parler, je pense tous les jours à toi, je te souhaite beaucoup de courage, mais je sais que tu y arriveras tu es tellement forte.
    bisous

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  8. Je lisais le blog de ta maman. Je viens de découvrir le tien via son facebook. Vous avez l’écriture dans le sang dans la famille Savey, dites ! Quant au fond, ton témoignage me touche tout comme ta maturité. Je n’ai aucun doute sur tes capacités à te soigner. Du courage à toi et des bises à Antonia. Céline

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  9. Salut Alexia,
    On ne se connait pas vraiment mais je voulais juste te dire que je te trouvais trés courageuse et que tu ecrivais trés bien, lire ton blog est devenu un rituel pour moi le soir 🙂

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  10. Bonjour Alexia,
    Je suis tombée par hasard sur ton blog. J’ai tout lu, de la première à la dernière note. C’est une belle démarche que de laisser parler tes souffrances, pour toi mais également pour les personnes qui combattent comme toi, une vilaine anorexie.
    J’ai vécu les mêmes troubles et toutes ces souffrances qui l’accompagnent à l’âge de 19 ans, subitement, presque du jour au lendemain, sans rien comprendre.
    En parler, écrire, extérioriser ton mal est énorme…Je suis admirative.
    Tu es sur la bonne voie, j’en suis certaine. Juste prendre ton temps, celui qu’il faut pour gravir cette foutue montagne qui, tu verras, s’avèrera au final pas si impraticable qu’elle peut paraitre.
    Je t’embrasse Alexia, je viendrai te visiter sur ces pages régulièrement.
    Patricia

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    1. Patricia,

      Je ne te connais pas (et me permet de te tutoyer !) et tiens à te remercier pour ton commentaire mais également pour ton témoignage qui, si tu le veux bien, me sera d’une aide précieuse… Mille questions que j’ai envie de te poser filent dans ma tête… Mais je vais être patiente et attendre gentiment que tu me répondes ! Merci encore et à très vite pour les aventures d’Alexia et de son (tout) Petit Poids…!

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